Depuis la fin de la crise, les Espagnols dépensent des sommes records en drogue

par Auriane Duroch
se droguer en espagne

L’Espagne est un des plus gros consommateurs de drogue en Europe. Cette année les Espagnols ont dépensé plus de 7 milliards d’euros en stupéfiants. 

7,44 milliards d’euros. C’est le montant record dépensé par les Espagnols pour la drogue au cours de l’année 2018.  Soit 143 millions d’euros par semaine et 20 millions par jour. Une somme vertigineuse calculée par la classification des dépenses finales des ménages de l’Institut National des statistiques (INE). Pourtant les prix n’ont pas augmenté et continuent même de diminuer pour certaines drogues comme la cocaïne.

Selon le rapport annuel de l’Observatoire Européen des drogues, l’Espagne est le plus gros consommateur de cannabis (aux côtés de la France) et le deuxième de cocaïne de l’Union Européenne, juste derrière la Belgique. Au total, 2,2% des Espagnols tout âges confondus ont consommé de la drogue au cours de l’année et 3,3% des 15-34 ans.

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Si la consommation de drogue a été en forte baisse au début des années 2000 puis s’est stabilisée, elle connait depuis 2015 une croissance sans précédent. L’offre et la demande augmentent simultanément.

Pour Alfonso Arana, président de l’association de prévention aux drogues Hombre , la raison est principalement économique. ” La consommation de drogue est repartie à la hausse car les Espagnols se remettent de la crise économique de 2008 et ont plus de pouvoir d’achat” confie-t-il à Equinox

Les nouvelles technologies permettent un accès facilité

Autre explication à l’augmentation de la consommation : les applications de messagerie et le dark web qui ont participé à l’ubérisation du marché.

“Les applications cryptées telles que WhatsApp et Telegram permettent de communiquer sans laisser de trace. C’est évident que les nouvelles technologies ont participé à rendre accessible plus facilement les produits illicites” explique Alfonso Arena.

Pour le directeur de l’association, la situation est alarmante: “Le problème, c’est qu’il y a une situation de banalisation  alors que c’est une affaire de santé publique. Il faut davantage de prévention et de sensibilisation y compris de la part des parents.  La communication est essentielle pour que les personnes en situation d’addiction puissent se tourner vers des centres de désintoxication”.

 

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