5 questions que vous rêviez de poser à un videur de boîte à Barcelone

par Auriane Duroch

Toni, 45 ans, est videur de boîte depuis plus de 15 ans à Barcelone. Il a accepté de répondre à nos questions sur son métier. 

23h30. La discothèque le Wolf située dans le quartier de Poblenou est vide. Les lumières sont encore allumées et personne ne se bouscule sur la piste de danse. Pourtant dans quelques heures, l’ambiance sera tout autre et il sera difficile de se frayer un chemin jusqu’au bar. Toni et ses collègues sont déjà là. Habillés en noir de la tête aux pieds,  ils se préparent à la nuit de travail qui les attend. De minuit à 6h, ils vont gérer les entrées et les sorties mais aussi la sécurité à l’intérieur de la boîte.

Pourquoi as-tu voulu devenir videur de boîte ? 

J’ai toujours été attiré par le monde de la nuit et j’ai fait des études dans le domaine de la sécurité, mais j’ai d’abord été barman. Un soir alors que j’étais en service au bar dans une boîte, l’ambiance a dégénéré et j’ai aidé les videurs à gérer la situation. J’ai apprécié m’occuper de la sécurité et je suis revenu dans cette voie. Cela fait maintenant 15 ans que je suis videur et j’ai gravi les échelons en devenant responsable de la sécurité.

Faut-il faire peur pour être videur ? 

Il ne faut pas faire peur mais il faut savoir être imposant. Ce n’est pas une obligation d’être grand ou musclé. Depuis 5 ou 10 ans, le physique est moins important, l’essentiel c’est de réfléchir et de garder son calme pour gérer les conflits. Après c’est sûr que pour se faire respecter, on est obligé d’avoir l’air sérieux. Mais c’est un rôle, je ne suis pas comme ça dans la vie de tous les jours. J’ai tendance à être plus protecteur avec ma famille car travailler dans la sécurité me permet de connaître les risques et dangers qui existent. J’adore mon métier, même si les personnes ont une mauvaise vision des videurs de boîte. Ils pensent que nous sommes là pour faire les méchants alors que c’est tout le contraire, notre rôle c’est d’aider pour que tout le monde passe une bonne soirée. C’est un métier très humain, nous devons être rassurants en cas d’incident.

Comment choisis-tu les personnes que tu vas autoriser à entrer ?

A Barcelone, il y a des critères qui sont imposés par chaque établissement. Par exemple une tenue vestimentaire correcte ou alors un âge minimum. Mais en général, le tri se fait rapidement lorsqu’on est face à des  personnes qui sont dans un état d’ébriété trop avancé pour rentrer. Personnellement,  je ne laisse pas souvent passer les personnes seules. Dans 80% des cas, elles vont être à l’origine de conflit. En particulier les hommes qui vont avoir tendance à se montrer insistants avec les femmes.

Est-ce un métier dangereux ?

Il y a des risques oui. Un soir, quand je travaillais dans une discothèque de la Barceloneta, j’ai viré un homme qui avait été violent avec d’autres clients. Le lendemain, je ne sais pas comment, mais il a eu mon numéro de téléphone et  m’a envoyé des messages en menaçant de s’attaquer à ma famille. Trois jours plus tard, je l’ai vu dans la salle de la discothèque et il m’a poignardé. Heureusement, j’ai l’habitude de porter un gilet anti-couteau et  je n’ai pas été blessé.

Quel est ton meilleur souvenir ?

C’est le soir où j’ai rencontré ma femme. Ça a été un véritable coup foudre. J’occupais mon poste de videur et elle était venue pour s’amuser et danser. Nos regards ne faisaient que de se croiser et nous avons sympathisé. Douze ans plus tard, nous sommes toujours ensemble et nous avons une fille. C’est le genre de souvenir qui me font aimer encore plus mon métier.

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