Roxanne, Française à Barcelone: “Je m’inquiète d’accoucher seule”

par Leslie Singla

En cette période de confinement, de nombreuses femmes enceintes doivent faire face à un quotidien chamboulé. Témoignage de Roxanne, Française à Barcelone.

Installée depuis neuf ans à Barcelone, Roxanne réside dans le quartier de Sants avec son mari et son petit garçon. La Française attend un heureux événement pour le 15 août. Travaillant dans le marketing, elle doit gérer sa grossesse dans ces circonstances particulières.

Quelle fut votre réaction lorsque le gouvernement a décrété le confinement ?

Nous nous doutions d’un confinement lorsque la crèche de notre fils a fermé, mais pas de cette façon. Selon le gouvernement, il ne fallait pas s’inquiéter. J’ai été étonnée sans réellement l’être. Je trouve ça normal d’être confiné.

Comment vivez-vous le confinement ?

Je le vis plutôt bien, je pense avant tout à ma santé, à celle de mon mari, de notre fils et de notre futur fils. J’accepte totalement le fait d’être confiné. Il faut prendre conscience de la situation, ce n’est pas une simple grippe comme on nous disait au début, c’est beaucoup plus grave.

Quels sont les principaux changements dans votre vie quotidienne ?

Le changement, c’est d’être en télétravail avec mon mari, mais surtout d’avoir notre fils 24h/24 et 7 jours sur 7. Nous devons le gérer en même temps que notre travail, c’est loin d’être facile tous les jours. Nous devons trouver des activités qui le motivent, qu’il puisse faire seul. Je reconnais que nous avons une chance incroyable d’avoir une terrasse privative et un patio.

Êtes-vous plus inquiète de la situation étant enceinte ?

Je ne suis pas réellement préoccupée par rapport à ma grossesse car je ne mets pas un pied dehors. En revanche si la situation perdure, je m’inquiète de mon accouchement. Comment se déroulera-t-il ? Avec le père ou sans lui ? Dans la communauté autonome de Valence, ils n’ont pas le droit d’être en salle d’accouchement. Mon obstétricien m’a informé qu’à Barcelone, le père peut y assister, sauf dans le cas d’une césarienne en raison du manque de masque.

Vos proches s’inquiètent-ils aussi ? 

Mes proches me disent clairement de ne pas sortir. La semaine dernière j’ai dû aller à la clinique Dexeus pour une échographie. Tour s’est très bien passé, mais je reconnais que l’ambiance était très bizarre. Mon mari n’avait pas le droit de m’accompagner et il y avait très peu de personnes dans le bâtiment.

Justement, que pensez-vous des mesures prises dans les hôpitaux et centres de santé ?

Les mesures pour les rendez-vous médicaux sont très bien. J’ai dû me rendre à la clinique car je devais faire une des échographies les plus importantes. Mais mon prochain rendez-vous fin avril se fera en appel visio, sauf s’il y a une urgence. Concernant l’accouchement dans d’autres communautés autonomes, ce n’est pas normal que le père ne puisse pas entrer dans la salle, surtout s’il ne présente aucun symptôme. Je ne sais pas comment je pourrai supporter le fait d’être seule sans mon mari, le père de mon enfant le jour J. Un accouchement ça n’a rien de simple, je n’ose même pas imaginer comment on peut le vivre sans son partenaire.

Vous n’auriez jamais imaginé vivre un grossesse en plein confinement…

C’est sûr j’aurai préféré ne pas vivre le confinement pendant ma grossesse afin de pouvoir profiter de mes activités, comme marcher ou aller à la piscine. Rester enfermée enceinte ce n’est pas le top pour avoir une activité régulière. Mais c’est comme ça, ça durera le temps que ça durera. Il faut mettre de côté son égoïsme et penser au bien de tous.

Recommandés pour vous

Accepter la politique de confidentialité. Accepter Lire plus

Normes légales