Lycée français de Barcelone: la grogne des parents d’élèves ne faiblit pas

par Leslie Singla

Face aux difficultés rencontrées par les familles, les associations des parents d’élèves du Lycée français de Barcelone se mobilisent pour réclamer des mesures de solidarité et une réduction des frais de scolarité. 

Mis à jour le 29/04 

En Catalogne, les écoles sont fermées depuis le 13 mars. Depuis plus de six semaines, de nombreux parents doivent gérer l’école à la maison, parfois en plus du télétravail. D’autres subissent des conséquences financières de la pandémie. Une situation dont ont bien conscience les associations de parents d’élèves du lycée français de Barcelone.

L’APE maintient ainsi des réunions hebdomadaires avec le Lycée français de Barcelone (LFB) , ce qui a permis “une vraie montée en charge du dispositif de continuité pédagogique et on ne peut que s’en réjouir pour nos enfants” explique sa vice-présidente Hélène Monard. Mais alors que l’école est fermée et que beaucoup de familles traversent des difficultés économiques, à ce jour aucune aide financière concrète n’a été mise en place. “Notre demande est que la solidarité qu’il y a entre école et parents pour la continuité pédagogique se retrouve dans les frais de scolarité” ajoute la vice-présidente. Le coût de l’école (entre 5097 et 6180 euros par an) n’est plus à la portée de tous les parents. “Comme partout dans le monde des parents sont gravement affectés par les répercussions économiques et sociales de la pandémie mondiale du Covid-19” poursuit Hélène Monard.

“Le LFB risque aussi sa réputation”

L’association a adressé une première lettre au proviseur du LFB et au directeur financier le 30 mars dernier. Le document émet des “propositions concrètes et réalistes pour faire acte de solidarité vis à vis des familles”. Parmi elles, une baisse des frais de scolarité proportionnelle aux réductions des frais de l’établissement dus au confinement ou une facturation mensuelle. Un second courrier a été émis le 16 avril. Puis un troisième hier le 26 avril. “Clairement, les réponses donnés à ce jour ne sont pas, de notre point de vue, à la hauteur des difficultés rencontrées par les familles, raison pour laquelle nous continuons à travailler sur de prochaines actions” explique Hélène Monard.

L’association Liste indépendante des Parents du Lycée Français de Barcelone (ALI) a également, dès la fin mars, alerté le Consul de France à Barcelone, la direction du LFB, l’AEFE et plusieurs parlementaires, réclamant notamment des aides de l’Etat pour la mise en place de bourses exceptionnelles, une aide de l’AEFE à travers une contribution à la caisse de solidarité de l’établissement pour les familles non-françaises, une exonération d’un pourcentage des frais de scolarité du troisième trimestre, ainsi qu’un échelonnement des paiements du troisième trimestre et de l’année prochaine. L’AEFE a déjà répondu que “s’agissant des familles françaises en difficulté, nous travaillons avec le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères pour que des mesures spécifiques d’aide à la scolarité (bourses) soient prises”, tandis que le directeur du LFB Dominique Duthuel assure que ses équipes restent “à l’écoute“, ajoutant “tout doit être fait pour éviter que des familles ne soient contraintes de quitter le lycée pour des raisons financières”.

Une pétition mondiale a été lancée par la Fédération des Associations des Parents d’élèves des Etablissements d’Enseignement français de l’Etranger. Elle permet de soutenir les différentes demandes formulées à l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger (AEFE) qui gère les établissements français à l’étranger, aux ministères français des Affaires étrangères et de l’Education nationale. “C’est le moment pour l’AEFE de laisser le LFB montrer son empathie envers les familles qui sont à la source de la plus grande partie de ces frais de fonctionnement. (…) Le cas échéant, le lycée risque de perdre non seulement une grande partie de ses élèves mais probablement aussi sa réputation en tant qu’institution exemplaire de l’éducation française à l’étranger” sentence Hélène Monard.

Suite à ces demandes, le consulat de France à Barcelone a relayé mardi un renforcement des dispositifs de bourses et d’aide à la scolarité pour les familles touchées par la crise. Il propose également un accompagnement spécifique pour le paiement des frais de scolarité du 3ème trimestre de l’année en cours.

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