La sécurité sociale espagnole est saturée

par Rédaction Equinox

Le système public espagnol peine depuis six mois à verser indemnités et prestations sociales, accumulant toujours plus dangereusement les retards.  


Lire aussi : La dangereuse paralysie de l’administration


La crise du Covid a collapsé la sécurité sociale espagnole. Ce service public est en charge de traiter près d’un million de demandes de revenu vital minimum, l’équivalent du RSA français. Il y a actuellement entre 500.000 et 700.000 demandes de prestations qui sont en attente de traitement.

C’est également les services de la Sécurité Sociale qui doivent traiter les dossiers du chômage technique (ERTE) et le versement des allocations correspondantes. Assoupli pour sauver les entreprises fermées de force pendant le confinement, le système de chômage technique a été pris d’assaut depuis mars dernier.

Il y a encore l’intérim, 150.000 dossiers bloqués à l’heure où nous écrivons ces lignes. Certains chômeurs ne touchent pas leurs allocations, tandis que d’autres la perçoivent alors qu’ils ont repris le travail et doivent maintenant rembourser le trop perçu.

Par effet de ricochet, le naufrage administratif ralentit maintenant le versement des retraites. Pays peu habitué à verser des aides sociales, l’Espagne n’a pas la musculature administrative nécessaire pour gérer une opération de telle ampleur.

Situation d'”effondrement”

Le secrétaire d’État à la Sécurité sociale, Israel Arroyo, et les principaux syndicats de la fonction publique se réuniront dans les prochains jours pour faire face à la situation d ‘«effondrement»  de la gestion des prestations. Sans surprises, les syndicats demandent un renforcement urgent du personnel de la Sécurité sociale. En cas contraire, le scénario d’un blocage administratif du  Trésor Public espagnol pourrait avoir lieu. La “sécu” ne serait plus capable de gérer les encaissements des charges salariales avec les conséquences que cela impliquerait pour le bon fonctionnement de l’État.

Les syndicats, dans une note remise à la presse, dénoncent un “problème structurel” avec une réduction de l’effectif de 21% depuis 2010 soit 6000 travailleurs manquants. En moyenne il faut à chaque employé 50 minutes pour examiner un dossier si la documentation administrative fournie par le citoyen est correcte, ce qui n’est généralement pas habituel.

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