Le chef des Mossos acquitté dans l’affaire du référendum catalan

par Nico Salvado
mossos d'esquadra

C’était l’une des idoles modernes de l’indépendantisme catalan. Pour avoir empêché que les Mossos d’Esquadra utilisent la violence le 1er octobre 2017 lors du référendum, le chef de la police catalane de l’époque Josep Lluís Trapero était devenu une référence au sein des milieux souverainistes. Poursuivi par la justice, soupçonné de ne pas avoir fait le maximum pour empêcher le référendum, il est finalement relaxé. 

L’ancien chef de la police catalane était poursuivi par la justice espagnole et risquait la prison pour sédition. Il vient d’être relaxé. Devant ses juges, l’ancien chef des Mossos a fait profil bas et a chargé le ministre de l’Intérieur de l’époque Joaquim Forn, incarcéré et condamné à une décennie de prison.

Le sens de la défense de Trapero fut d’expliquer qu’il était à la tête du dispositif policier, tandis que Forn était dans un rôle politique. Une action politique qui a eu un “point d’irresponsabilité de la part du ministre” a lâché Trapero. L’ancien chef de la police a confessé devant le tribunal qu’il était incommodé avec l’organisation du référendum illégal. Peu avare en critiques, le major estime que l’ancien ministre de l’Intérieur a abimé l’image de la police catalane devant les citoyens. Josep Lluís Trapero revendique le fait que les Mossos d’Esquadra ont refusé d’utiliser la violence contre les votants du 1er octobre. Contrairement à la Guardia Civil et la Policía Nacional qui ont chargé, frappé, flash-ballé et gazé les citoyens se rendant aux urnes.

Les Mossos d’Esquadra ont empêché le référendum

En revanche, Trapero réfute la théorie selon laquelle les Mossos n’auraient pas tenté d’empêcher le référendum en citant une litanie de chiffres. Selon l’ex-chef des Mossos, la police catalane a ainsi fait fermer 139 collèges électoraux, en a empêché 200 autres d’ouvrir et a confisqué un total de 432 urnes, 90.000 bulletins de vote et 70.000 enveloppes électorales.

Trapero est tombé de son piédestal quand il a révélé durant son procès qu’il avait mis au point un plan pour arrêter et placer Carles Puigdemont en garde à vue après la déclaration d’indépendance si un juge l’avait ordonné.

La Haute Cour nationale a acquitté ce matin Josep Lluís Trapero: ni prison, ni amende.

Le verdict détaille que Trapero a conçu un dispositif pour empêcher le référendum et qu’il a collaboré avec la police nationale et la Guardia civil. Dans la sentence de 96 pages, les magistrats expliquent que « le chef de la police ne doit pas avoir pour seul but d’empêcher le référendum à tout prix ». En ce sens les juges valident la « prudence » des Mossos qui ne peut être considérée comme une forme de sédition ou de désobéissance aux mandats judiciaires. En clair, rien n’obligeait les Mossos à utiliser la force pour empêcher le référendum non-autorisé. L’ensemble des responsables du dispositif policier sont blanchis : l’assistance de Trapero et le directeur de la police de l’époque.

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