Objectif : 10 millions d’Espagnols vaccinés début 2021

par Aurélie Chamerois

Le ministre de la Santé Salvador Illa assure que le vaccin commandé par l’Espagne pourra être dispensé gratuitement à 10 millions de citoyens en début d’année prochaine. 

Le gouvernement espagnol espère signer dès cette semaine ou la suivante les contrats avec plusieurs laboratoires pharmaceutiques afin de recevoir les premières doses du vaccin début 2021. Salvador Illa a indiqué hier sur la télévision publique TVE que le pays pourrait acheter 20 millions de doses qui permettraient de vacciner 10 millions de personnes.

Le vaccin sera dispensé via une première dose puis une dose de rappel. Il sera distribué par le service public de santé et donc gratuit. Les citoyens prioritaires pour le recevoir : les plus âgés puis les professionnels en contact potentiel avec les malades, notamment les personnels soignants. Salvador Illa calcule ainsi qu’au mois de mai « nous pourrions avoir un pourcentage de la population suffisamment important vacciné en Espagne et en Europe ».

Parmi les laboratoires qui fourniraient l’Espagne, Pfizer et Biontech qui ont annoncé hier en fanfare que leur vaccin était « efficace à 90%«  après les analyses de la phase 3 des essais cliniques. Ce taux est particulièrement satisfaisant si on le compare par exemple au vaccin contre la grippe, lui-même efficace à 60% maximum.

L’annonce a soulevé un enthousiasme mondial, allant jusqu’à provoquer un bond des bourses européennes. Ce sont des « nouvelles encourageantes » a de son côté déclaré le directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Le vaccin ne sera pas obligatoire

Si les scientifiques se réjouissent aussi, la plupart d’entre eux appellent encore à la prudence. Le vaccin doit encore être homologué pour être considéré comme sûr et être mis sur le marché. De plus, la courte durée de cette phase 3, qui se mène normalement pendant 3 à 5 ans, interroge. « Il peut y avoir des complications, des déclenchements de maladies auto-immunes et ce n’est pas un mois et demi après la vaccination qu’on peut le savoir, explique le chercheur français Yves Gaudin, pour des personnes très âgées, un vaccin qui entraînerait des complications à une fréquence modérée au bout de quelques années serait probablement acceptable, mais pour les jeunes, dont les chances de mourir du Covid-19 sont minimes, ce risque n’est pas tolérable ». 

Le ministre de la Santé espagnol a indiqué que le vaccin ne serait pas obligatoire mais que son gouvernement mènerait une campagne impitoyable contre les anti-vaccins. « Les vaccins sauvent des vies, a-t-il martelé, nous allons êtres très fermes contre ces gens qui disent des mensonges, c’est de l’anti-science ».

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