La Catalogne a perdu un quart de sa faune sauvage

par Camelia Balistrou
faune sauvage

En l’espace de 18 ans, la Catalogne a perdu 25 % de sa biodiversité, notamment de sa faune sauvage, d’après le premier rapport de l’état de la nature catalane.  

Loin d’être qu’une simple impression, la population animale de la région catalane a diminué d’un quart en l’espace de deux décennies. C’est l’alarmant constat du premier rapport de l’état de la nature en Catalogne, publié en 2020. Au total, plus de 40 centres de recherches et universités ainsi qu’une centaine de bénévoles ont étudié avec attention l’environnement de la région. « Il y a une perte généralisée de la biodiversité » déplore Lluis Brotons, le coordinateur scientifique des travaux et chercheur au Centre de recherche écologique et d’applications forestières (CREAF).

D’après l’étude, la situation est globalement inquiétante mais pas homogène. Il y a effectivement des zones qui subissent plus sévèrement cette diminution de la faune. C’est le cas des habitats aquatiques (rivières, lacs, mers) qui ont perdu plus de la moitié de leurs espèces (-54 %). Les milieux agricoles et les prairies, quant à eux, ont observé une baisse de leur biodiversité de 34 %. Enfin, les zones forestières ont perdu 12 % de ses spécimens.

La perte a été calculée avec l’Indice planète vivante (Living Planet Index) utilisé par les Nations Unies. Elle sert à établir un diagnostic du nombre d’espèces vivantes à l’échelle mondiale. Aujourd’hui, la conclusion est unanime : les populations d’animaux vertébrés de la planète ont baissé de moitié en 50 ans.

Faune sauvage en baisse : l’activité humaine mise en cause

Cette diminution de la faune sauvage s’explique principalement par une augmentation accrue de l’activité humaine. Exploitations agricoles intenses avec un usage de produits chimiques, pollution, surpêche ou encore urbanisation ont doublé en deux décennies, au détriment de l’environnement. Par exemple, la forte urbanisation du territoire, notamment dans les zones côtières a métamorphosé les littoraux, qui étaient auparavant essentiellement des zones agricoles.

faune sauvage

A contrario, certaines terres sont laissées à l’abandon et profite à la croissance de la superficie forestière. Néanmoins, selon le rapport, l’expansion des forêts ne garantit pas la survie de toutes les espèces de cet habitat, car les forêts sont pour la plupart jeunes, et rendent difficile l’acclimatation de certaines espèces.

«Il ne suffit pas de protéger des zones ou des espèces spécifiques, ce qu’il faut, c’est restaurer les habitats» avertit Lluis Brotons. Selon le chercheur, les informations recueillies doivent être l’occasion de pouvoir mettre en place des politiques qui inversent la tendance.

Le rapport pourrait être la base à partir de laquelle les politiques publiques établiraient un document « de référence » en matière d’environnement, comme l’a défendu cette semaine la ministre du Territoire et du Développement durable, Damià Calvet. La commission d’élaboration envisagerait effectivement de mettre en place l’année prochaine un Observatoire du patrimoine naturel et de la biodiversité afin de guider les politiques dans la gestion et la protection de la biodiversité.

 

 

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