La présidente de Madrid s’invite dans l’élection catalane

par Nico Salvado

La présidente conservatrice de la région de Madrid veut intervenir durant la campagne catalane.

Isabel Ayuso Diaz est probablement la femme politique qui aura marqué l’année 2020. Gouailleuse, celle qui était encore inconnue il y a un an est devenue une figure nationale de premier plan. La présidente de la communauté autonome de Madrid, membre du Partido Popular (PP), a joué son propre refrain pendant la crise du Covid.

Pour défendre l’économie de la capitale espagnole, Ayuso a bataillé bec et ongles avec le gouvernement pour assouplir et alléger les restrictions visant à contenir l’économie. Ce qui aurait pu être une bataille d’experts sanitaires, l’habile Ayuso l’a transformée en guerre politique. « Les mesures visant à fragiliser notre économie sont une attaque idéologique du gouvernement socialo-communiste » peut se résumer la pensée d’Ayuso. Une défense du territoire madrilène et de sa liberté, un mot souvent employé par Ayuso, qui n’est pas sans rappeler la « Catalogne libre » des indépendantistes.

Et ça marche. Ayuso, alliée avec les libéraux de Ciudadanos et l’extrême-droite de Vox pour gouverner la région de Madrid, capitalise sur son nom le rejet de l’ensemble des politiques marquées très à gauche du gouvernement espagnol.

De Madrid à Barcelone

Conseillée par Miguel Ángel Rodríguez, qui porta au pouvoir en son temps José Maria Aznar, Ayuso veut continuer à renforcer son profil national.

Les élections catalanes du 14 février sont la prochaine étape pour la présidente de Madrid. Car si la dirigeante du PP utilise un certain régionalisme pour défendre Madrid, Ayuso est intrinsèquement contre l’indépendance de la Catalogne. Paradoxalement au nom de l’unité de l’Espagne.

La venue d’Ayuso à Barcelone est reçue avec timidité au sein de la branche locale du Partido Popular. D’un côté, le discours d’Ayuso est utile pour récupérer les voix d’extrême-droite parties à Vox. Pour la première fois dans l’histoire moderne de la Catalogne, l’ultra-droite devrait entrer au parlement. Et le risque de devancer la droite classique est réel et serait inédit en Espagne.

Dans le même temps, les équipes du PP ont un mauvais souvenir des profils ultras qui sont censés faire gagner les élections. Lors des dernières législatives, le parti a parachuté la madrilène Cayetana Álvarez de Toledo positionnée à la droite de la droite. Au final, sa candidature a obtenu l’un des pires scores dans l’histoire du parti.

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