Test PCR en voiture : l’incompréhension des Français de Barcelone

par Leslie Singla
Test PCR en voiture

Depuis ce week-end, les voyageurs entrant en France par voie terrestre doivent se doter d’un résultat de test PCR négatif, comme pour les déplacements en avion. Le décret a provoqué une certaine stupeur parmi les Français installés en Catalogne. Témoignages.

« C’est ahurissant, se faire tester c’est très bien, mais si c’est commode » affirme Agathe Fourgnaud, psychothérapeute-psychanalyste à Barcelone. Divorcée, la Française devait se rendre ce jeudi à Marseille pour accompagner ses enfants de 13 et 18 ans chez leur père. « Comme c’est une personne à risque, nous avons toujours fait très attention, je les accompagne en voiture pour limiter les risques. Habituellement je fais des tests salivaires en pharmacie mais cette fois c’est impossible ».

Agathe Fourgnaud a téléphoné à quatre pharmacies différentes pour accéder aux tests, mais ils ont été retirés et les tests rapides ne sont pas acceptés à la frontière. Elle s’est donc adressée à son centre de santé public (CAP), qui l’a redirigé vers les centres privés. En Espagne, le système de santé public ne prend en charge les tests PCR qu’en cas de symptômes du coronavirus. Pour un voyage, le citoyen doit donc payer de sa poche. « Un premier endroit m’a informé que le test coûtait 120 euros et le second 100. Je ne peux pas dépenser 300 euros pour passer la frontière, c’est impossible » se désole la Française. Sa famille a décidé d’annuler son voyage, en attendant que les mesures soient assouplies.

Toutefois, les contrôles annoncés par la France étant aléatoires et l’amende encourue (135 euros) ne dépassant guère le prix d’un test en Catalogne, certains Français préfèrent prendre le risque de passer la frontière sans PCR. C’est le cas de Lionel, trentenaire originaire de Narbonne : « je fais souvent l’aller-retour et n’ai jamais vu de contrôle, au pire je dirai que c’est un cas de force majeure ».

Se réorganiser

Léa Pepa réside, elle, tout près de la frontière, à Figueras. Plusieurs fois par mois, elle accompagne sa mère retraitée pour des rendez-vous médicaux à 36 kilomètres de là au Boulou, en France. Mais un déplacement médical n’est pas un motif pour être exempté du test PCR. « C’est incompréhensible, ça ne change rien si nous nous rendons au Boulou ou à Gérone, nous n’allons pas loin et nous respectons bien les gestes barrières » confie la Française. En effet, si le confinement municipal s’applique en Catalogne, un déplacement pour assister à un rendez-vous médical est autorisé sur présentation d’un justificatif.

Test PCR en voiture

Contrôle routier en Catalogne © Sandrine Defradat

« Heureusement que j’avais anticipé lors de notre dernier passage en France, en prenant un stock de médicaments de deux mois. Ça paraît irréel de devoir faire un test PCR juste pour aller chercher des médicaments, au vu du prix du test » ajoute Léa Pepa. Face à cette mesure, la Française a décalé les rendez-vous non urgents et s’organisera avec son pharmacien pour obtenir les médicaments nécessaires.

Les exceptions

Selon le décret du 31 janvier, désormais, toute personne entrant par voie terrestre sur le territoire français doit présenter un résultat de test PCR datant de moins de 72 heures. Toutefois trois exceptions s’appliquent : “déplacements d’une durée inférieure à 24 heures dans un périmètre défini par un rayon de 30 kilomètres autour du lieu de résidence ; déplacements professionnels dont l’urgence ou la fréquence est incompatible avec la réalisation d’un tel test ; déplacements des professionnels du transport routier dans l’exercice de leur activité.” Attention, les voyageurs concernés par l’une de ces exceptions devront présenter un document justificatif.

Le décret n’indique donc aucune exception pour les Français de l’étranger, qui devront se soumettre à un test PCR pour rentrer dans leur pays, quel que soit leur mode de transport. Roland Lescure, député des Français d’Amérique du Nord, a demandé des exceptions pour les expatriés, comme celles octroyées aux travailleurs transfrontaliers. Contacté par Equinox, son cabinet indique que les propositions n’ont pas encore reçu de réponse. 

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