L’indépendantisme travaille sur la formation du gouvernement catalan

Par Nico Salvado
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Les partis indépendantistes, entre élaboration de programme et répartition des postes, préparent le prochain gouvernement.

A l’extrême-gauche la Cup, à gauche les républicains catalans et un peu plus au centre Junts Per Catalunya de Carles Puigdemont. Les trois forces indépendantistes tentent, sous fond d’émeutes à Barcelone et politiques sanitaires, de dessiner les quatre prochaines années. A priori, la Catalogne étant une grande scène de théâtre où tout peut changer d’un acte à l’autre, il n’y aura pas durant cette période de référendum ou de proclamation compulsive d’indépendance.

Les indépendantistes veulent surtout obtenir l’amnistie et une grâce pour les 9 leaders incarcérés depuis octobre 2017 après la dernière tentative de sécession en date. La table ronde devrait se dresser à Madrid pour « dialoguer avec le gouvernement espagnol ». Pour le moment les indépendantistes n’ont pas encore rédigé les suppliques qu’ils souhaitent adresser au Premier ministre.

De 1714 à 1936

Les indépendantistes vont changer de phase temporelle. Jusqu’ici, le mouvement s’inscrivait en 1714, date du romantisme catalan où la chute de Barcelone aux mains de l’Espagne traduisait le besoin de reconquête de la terre perdue. Désormais, le nationalisme catalan se situe en 1936 : moment du Front Populaire et d’une Generalitat très à gauche avec le président Lluis Companys d’Esquerra Republicana de Catalunya (ERC). D’ailleurs, le plus vieux parti d’Espagne n’a plus gouverné la Catalogne depuis cette époque. Pere Aragonès, si les indépendantistes scellent leur accord, marquera le retour d’un président d’ERC au Palau de la Generalitat. Avec des politiques très axées à gauche.

Programme de gauche

Après les émeutes, la Cup veut une dissolution de la brigade anti-émeute, équivalente des CRS en France. Devant le côté à la fois inconstitutionnel et absurde de la proposition, Pere Aragonès a transformé la chose en une commission parlementaire pour discuter de la refondation des protocoles des Mossos d’Esquadra. « Lorsque l’on veut enterrer un sujet, il suffit de créer une commission parlementaire » se plaisait à dire Jacques Chirac en son temps. Plus consensuel, Aragonès veut orienter ses politiques progressistes vers une économie écologique et le droit des femmes et minorités LGBT.  Esquerra veut également créer un ministère dédié à la répartition des fonds européens de relance. Le parti de Carles Puigdemont réclame le ministère des Affaires étrangères afin de « connecter » avec l’ancien président qui continuera sa croisade pour l’indépendance de la Catalogne au niveau international dans les prochains mois.

L’extrême-gauche à la tête du parlement ?

Avant d’investir Pere Aragonès à la tête de la Catalogne et former le prochain gouvernement, le parlement devra officiellement se constituer. Ça sera chose faite vendredi. La présidence du parlement est revendiquée à la fois par les indépendantistes de Carles Puigdemont et les anti-système de la Cup. Les négociations, complots et autres conciliabules sont, à l’heure où nous écrivons ces lignes, encore en cours.

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