Barcelone : les riverains excédés par les fêtes illégales

Par Nico Salvado

Depuis la fin du confinement, de nombreux riverains sont excédés par le retour des fêtes illégales dans les rues de Barcelone.

Au bord de la mer de Barcelone, dans le quartier de la Barceloneta, les esprits s’échauffent. Le lieu est hybride. Les habitants historiques de ce quartier populaire doivent cohabiter avec les fêtards et autres touristes alcoolisés. Le coin était redevenu bucolique et tranquille durant les 18 derniers mois en raison de la pandémie.

La Barceloneta avait retrouvé sa veille âme de quartier de pécheurs. Sauf que depuis les dernières semaines de mai les rues s’emplissent la nuit de fêtards passablement éméchés qui traînent jusqu’à potron-minet. Les familles de riverains sont à bout de nerfs en raison du bruit et des odeurs et demandent, sans succès, à la mairie d’intervenir.

L’ambiance est tellement tendue que les habitants ont menacé, pour la bruyante nuit de la Sant Joan, de monter des tours de garde, afin de préserver un minimum de tranquillité sociale. Pour le coup, le conseil municipal a réagi et vient de décréter l’interdiction de traverser le quartier de la Barceloneta ce soir-là pour se rendre sur la plage. La police municipale veillera à ne laisser entrer ou sortir que les habitants du quartier. Deux check-points seront placés à l’Hospital del Mar et devant les clubs de natation.

« On ne parle plus de rassemblements spontanés mais de fêtes illégales organisées »

Plus au nord de la ville, dans le quartier de Gràcia, l’ambiance est également tendue. Les places del Sol, Rius i Taulet, John Lennon, Diamant ou la Virreina sont connues pour leurs « botellones ». Une activité qui consiste à boire de l’alcool assis sur le sol jusqu’au bout de la nuit. « Ce que nous vivons dépasse l’entendement » se plaint Lluïsa Esteban, présidente  de l’association des riverains et des commerçants de la Plaça del Diamant. « On ne parle plus de rassemblements spontanés mais de fêtes illégales organisées avec des personnes déplaçant des haut-parleurs dans des caddies. La musique est à fond et les gens dansent sur la place » se désole Lluïsa Esteban.

Los turistas, desde los botellones de Barcelona: "Aquí somos más libres"

Dans Barcelone et sa folle densité, il n’y a pas que les rassemblement illégaux qui posent problème. Dans certaines zones,  l’inflation du nombre de terrasses saturent l’espace public et acoustique. « Nous avons un gros souci avec la rue Enric Granados » a reconnu cette semaine l’adjointe au maire de Barcelone Janet Sanz. Cette rue passante d’une longueur de 900 mètres agglutine 80 établissements de restauration avec un total de 560 tables. Les voisins ne peuvent plus dormir, se désole une habitante du quartier. « L’équilibre entre vie quotidienne et le droit d’exercer des restaurants est difficile à trouver » admet Janet Sanz qui étudie un changement des horaires d’ouverture des établissements de nuit, et en particulier leurs terrasses.

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