Fêtes illégales : la Catalogne au pied du mur

Par Nico Salvado
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Avec les discothèques fermées et sans autorisation légale d’appliquer un couvre-feu, le gouvernement catalan doit faire face à un double problème : risque sanitaire et trouble de l’ordre public.

Le 19 août dernier, le tribunal supérieur de Justice de la Catalogne a décidé d’annuler le couvre-feu décrété par le gouvernement catalan. La mesure de confinement nocturne, en vigueur depuis le 16 juillet, n’était plus nécessaire selon les juges en raison de la baisse du taux d’incidence du Covid. La sentence, avec le maintien de la fermeture des discothèques et de l’horaire réduit de l’ouverture des bars, a pour conséquence le déferlement de milliers de jeunes dans les rues de Barcelone pour festoyer toute la nuit durant.

Des rassemblements non autorisés (il est toujours interdit de se réunir à plus de 10 personnes) qui terminent, l’alcool aidant, en émeutes contre la police. Comme on l’a encore vu tristement ce week-end dans le quartier de Sants, les parcs, jardins, fontaines sont enfouis sous un dépotoir de canettes et autres déchets. Face à des riverains excédés, ces comportements peu civiques ont eu lieu également la semaine dernière à Gràcia et à la Barceloneta.

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Avec ces troubles à l’ordre public et le risque de contagion (quoi qu’en disent les tribunaux), le gouvernement de Catalogne se retrouve au pied du mur. Le président catalan Pere Aragonès dispose uniquement de deux options. Il peut demander au gouvernement espagnol de décréter un état d’urgence local qui permettrait d’activer un couvre-feu sans passer par les tribunaux. Un scénario  aujourd’hui extrêmement peu probable au vu de la complexité politique que demanderait cet exercice.

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Le second cas de figure réside dans la réouverture des discothèques et la prolongation de l’horaire de l’accueil du public dans les bars qui doivent actuellement fermer à 00h30. La mesure permettrait de remplir les boites et de vider les rues. Pour le moment, Pere Aragonès refuse cette solution. Il voit la mesure précipitée et demande de ne pas rouvrir ce secteur de manière trop brusque. Par ailleurs, le ministre catalan de la Santé, Josep Argimon, refuse d’appliquer un passe sanitaire qui permettrait d’assurer une réouverture sans risque du secteur de la nuit. Les patrons de boites ont annoncé qu’ils commenceront une grève de la faim à partir de mercredi 1er septembre.

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