5200 Juifs sauvés par le «Schindler espagnol»

Par Nico Salvado
Publié le Mis à jour le
Sanz Briz

L’histoire d’Oskar Schindler est bien connue. Cet industriel polonais a sauvé durant la Shoah entre 1100 et 1200 Juifs en les faisant travailler dans ses usines. Moins célèbre est l’acte d’héroïsme de l’espagnol Sanz Briz qui a pourtant aidé 5200 Juifs à la même époque. Voici son histoire. 

Sanz Briz est un illustre inconnu. Pourtant, entre juin et décembre 1944, ce diplomate espagnol de 32 ans en fonction en Hongrie, a créé 5200 passeports espagnols pour sauver autant de vies juives. Sanz Briz et ses assistants ont accordé la nationalité espagnole aux Juifs hongrois sur la base d’une loi de 1924 qui a étendu la citoyenneté aux descendants de Juifs séfarades expulsés d’Espagne en 1492.

Sanz Briz a loué 11 immeubles pour loger environ 5000 personnes. Il a hissé le drapeau espagnol sur ces bâtiments, les faisant passer pour des propriétés officielles espagnoles, s’assurant ainsi que les Nazis ne les saisiraient pas lors de leur entrée dans la ville. Il a également caché des familles à l’ambassade d’Espagne à Buda.

Par ailleurs en avril 1944, Sanz Briz a réussi à mettre la main sur un croquis d’Auschwitz, remis par deux fugitifs échappés de ce camp de concentration. A l’époque où la dimension industrielle du camp de la mort était peu connue, ce croquis est devenu l’une des preuves les plus importantes présentées au procès de Nuremberg de 1945.

L’hostilité du régime de Franco

Si les faits de Sanz Briz ont si longtemps été passés sous silence, c’est en raison de l’hostilité que le régime dictatorial de Franco portait aux Juifs. D’ailleurs, le gouvernement de l’époque a interdit à Sanz Briz d’accepter la médaille des Justes,  la plus haute distinction honorifique délivrée par l’État d’Israël à un civil.

Aujourd’hui, le Centro Sefarad-Israel, une institution culturelle séfarade liée au ministère espagnol des Affaires étrangères, veut restaurer la mémoire de ce diplomate. Grâce aux archives du gouvernement espagnol, il est possible de retrouver les noms des 5200 personnes que Sanz Briz a sauvées. L’objectif du Centro Sefarad-Israel est de retrouver les descendants de ces familles et de raconter leurs histoires.

angel sanz briz

Au terme de la Seconde Guerre mondiale, Sanz Briz a quitté son poste en Hongrie en 1960 pour être nommé ambassadeur au Guatemala. En 1962, il est devient consul général à New York, puis ambassadeur d’Espagne au Vatican, où il acheva sa vie le 11 juin 1980.

Si Sanz Briz est peu connu en Espagne, ce n’est pas le cas en Hongrie. Il a reçu l’Ordre du Mérite de ce pays en 1994 et une rue de Budapest porte son nom.

Le Centro Sefarad-Israel peut être joint via le mail lalistasanzbriz@sefarad-israel.es pour que toute personne reconnaissant son nom ou celui d’un membre de sa famille sur les listes de Sanz Briz puisse se manifester.

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