Pas de restrictions en Catalogne pour Noël malgré une flambée de Covid

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Le gouvernement de Catalogne choisit de privilégier l’économie, malgré des chiffres inquiétants de cas de Covid. 

« Il n’y aura pas de restrictions pour Noël malgré des chiffres catastrophiques » a annoncé hier la porte-parole du gouvernement catalan Patricia Plaja, ajoutant que « le public doit limiter au minimum les interactions sociales ». Les pouvoirs publics décident donc, pour l’instant, de ne pas prendre de mesures pour freiner les plus de 6200 contagions quotidiennes dépistées en Catalogne. Une vague de contaminations qui se traduit par 1106 personnes hospitalisées, dont 259 en état grave dans les unités de réanimation. Des chiffres en augmentation respectivement de 28 et 17 patients en 24 heures.

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La taux de reproduction du Covid en Catalogne est de 1,20, c’est à dire que 10 patients infectés vont contaminer 12 personnes. De mauvais chiffres qui font monter l’indice de risque du gouvernement à 569 points, bien loin de la barre des 20 points qui signifie une situation sous contrôle.

Moins de restrictions en Catalogne que l’an dernier

Alors que l’an dernier, la Generalitat imposait un couvre-feu à 22 h pendant les fêtes (1 h 30 pour les nuits de Noël et Nouvel an), cette année le ministère de la Santé mise tout sur le passe sanitaire qui interdit l’accès aux discothèques, restaurants, bars, gymnases à toutes les personnes non-vaccinées et ne disposant pas de test négatifs. Pour éviter les fraudes, le gouvernement imposera, si le tribunal de Catalogne accepte la mesure, de présenter une pièce d’identité liée au passe sanitaire. Une nouvelle corvée administrative qui sème la colère chez les syndicats de restaurateurs, déjà débordés par les contrôles de passes.

Les centres médicaux surchargés

L’augmentation des infections au Covid provoque une saturation des centres d’attention primaire (CAP).  Cela se traduit par des files d’attente de 45 minutes en moyenne devant les établissements. Les usagers viennent pour des dépistages Covid, pour se faire vacciner, pour recevoir de l’aide après les premiers symptômes du coronavirus,  pour une urgence ou pour consulter leur médecin de famille. « ·Si la contagion continue à augmenter à ce rythme, nous pourrions atteindre la saturation. Nous n’en sommes pas encore là mais la situation est très compliquée », a prévenu chez nos confrères de Betevé Iris Alarcón, membre du conseil d’administration de la Société catalane de médecine.

Covid Catalogne

Il y a actuellement près de 80 000 visites hebdomadaires dans les centres de soins primaires catalans. Ce sont des chiffres élevés, précise le ministère de la Santé, mais encore loin de ceux du pic de la cinquième vague, où en moyenne 50 000 personnes pouvaient se présenter en une seule journée. Les CAP étaient saturés et ne pouvaient plus recevoir de manière présentielle les personnes souffrant d’une pathologie non urgente.

Près de 9 catalans sur 10 vaccinés

Du côté de la vaccination, 84,7 % de la population catalane possède le schéma complet avec les deux doses, soit un peu plus de 6 millions de personnes. À l’inverse, 106 860 personnes ont refusé de se faire vacciner.

 L’INFO EN PLUS  

Le mémorial du camp de concentration d’Auschwitz a publié hier un message sur le réseau social Twitter pour s’offusquer de la comparaison faite par certains négationnistes Covid entre l’holocauste nazie et la politique sanitaire imposant le passe sanitaire au personnes non vaccinées. Certains individus n’hésitent pas à arborer une étoile jaune de David, où le mot juif est grossièrement remplacé par « non vacciné ». D’autres personnes, pour protester contre la « dictature sanitaire » (sic), ont osé défiler en Italie le 31 octobre dernier avec un simili de pyjamas rayés, uniforme porté par les déportés dans les camps de concentration.

En réponse, le mémorial du camp de concentration a posté le message suivant le 12 décembre dernier:  « Il est honteux de profiter de la tragédie des Juifs qui ont été humiliés, marqués d’une étoile jaune, isolés, affamés, déshumanisés et assassinés dans des ghettos pendant la Shoah pour alimenter un débat sur la vaccination qui sauve des vies pendant la pandémie. C’est un triste symptôme de décadence morale »

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