Catalogne : les médecins de famille submergés par le Covid

Par Nico Salvado
Publié le Mis à jour le
covid Catalogne

Avec l’explosion des cas d’Omicron, les formes sévères de Covid sont moins répandues en Catalogne. En revanche, les patients atteints de symptômes plus modérés consultent en masse les médecins de famille provoquant une nouvelle saturation du système de santé public. 

110 : c’est le nombre de patients que reçoit en moyenne chaque jour un médecin de famille dans l’un des 419 centres d’attention primaire, les fameux CAP, en Catalogne. La norme du ministère catalan de la Santé établissait un maximum de 28 patients par jour et par médecin. La situation actuelle engendre d’un côté le burn-out ressenti par les professionnels de santé, et de l’autre le risque de baisse de soins de qualité qui plane sur la tête des patients.

Tsunami d’Omicron en Catalogne

L’explosion des cas du variant Omicron (entre 30.000 et 50.000 cas par jour en Catalogne) et de nombreux arrêts maladies des docteurs (placés en quarantaine car positifs ou épuisés par deux ans de pandémie) expliquent cette situation. Lundi dernier, 97.081 personnes se sont présentées dans les CAPs de Catalogne, où les files d’attente dans les rues sont homériques. Un record.

Nombre de visites sont pour demander un arrêt de travail en raison d’une positivité au Covid après un test antigénique. Pour désengorger cette catégorie de patients, le gouvernement demande aux personnes positives d’envoyer directement le résultat de leur test via leur espace médical privé du site La Meva Salut (ici) afin de recevoir virtuellement leur document de « baja », l’arrêt de travail en Catalogne. La « alta », l’attestation de fin d’arrêt maladie , sera automatiquement octroyée et téléchargeable sur La Meva Salut sept jours après la date du test. Près de 13% des actifs catalans sont déjà actuellement en arrêt de travail.

Ainsi les médecins seront déchargés d’une tâche purement administrative pour se recentrer sur les cas nécessitant des soins. Car les docteurs ont peur de ne pas réaliser correctement le suivi des personnes atteintes de maladies chroniques, ou celles en attente d’un résultat d’examen ou de prise de sang. Le risque de passer à côte du dépistage ou de la détection d’une maladie relativement grave n’est pas mince.

Surcharge dans les services de réanimation

Le troisième volet de la situation actuelle se déroule dans les hôpitaux. 525 personnes se trouvent actuellement dans un état grave au sein des services de réanimation catalans. Soit parce qu’elles sont touchées par la variante Delta plus dangereuse qu’Omicron, soit parce qu’elles ne sont pas vaccinées ou font partie d’un collectif à risque. La Catalogne dispose de 900 lits en additionnant les places des hôpitaux publics et des cliniques privées. Cependant, au-delà de 500 admissions, les réanimations sont en tension et doivent faire appel à du personnel venant d’autres services pour s’occuper des patients en soins intensifs. Par ailleurs, les hôpitaux ont dû déprogrammer de nombreuses opérations non urgentes de patients se trouvant en liste d’attente pour ne pas encombrer encore plus les lits de réanimation.

La situation est donc complexe, d’autant plus que l’Organisation mondiale de la Santé a annoncé mardi l’estimation de 50% des Européens contaminés par la variante Omicron lors des huit prochaines semaines. En Catalogne, ce chiffre représenterait plus de 4 millions de personnes.

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