Français à Barcelone : quelles furent leurs craintes avant de s’installer

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Ils ont osé. C’était il y a six mois, un an ou plus. Ces Français ont quitté leur famille, amis, et train-train, pour s’installer à Barcelone. Mais partir à l’aventure n’est pas sans crainte. A chacun la leur : langue, sociabilité, travail… Témoignages.

« Ma plus grande peur ? C’était d’avoir du mal à rencontrer des personnes sur place et de me retrouver seule », se souvient Sophie Penanguer, 32 ans. Jeune, pimpante, et originaire de Paris, la jeune femme avait pourtant toutes les clés en mains pour s’intégrer facilement. Et même sa meilleure amie sur place ! « Mais elle a une vie, je n’allais pas prendre toute la place. Je voulais me créer un cercle ».

Ne pas se faire d’amis

La digitale nomade n’a pas emmené ses proches dans ses valises. Mais souvent, le destin fait bien les choses.

Sophie Penanguer s’est rapidement créé un nouveau cercle

« J’ai retrouvé un ancien collègue, je suis allée à la salle de sport, j’ai installé des applis de rencontre, me suis inscrite sur des groupes français… » En bref, Sophie Penanguer a mis toutes ses chances de son côté. « Et au bout de trois semaines, j’avais un planning surchargé, comme quand j’habitais à Paris ! », rigole-t-elle.

Qui plus est : la Française ne s’est pas contentée de sa communauté. Italiens, Espagnols, Belges… Ses amis viennent de partout. « Je n’ai jamais été seule. Depuis que je suis arrivée, je rencontre plein de monde. Je n’arrête jamais ! »

Ne pas trouver de travail

Comme Sophie, Saro Tandjigora avait dû tout recommencer à zéro. La jeune Parisienne de 26 ans s’est jetée à l’eau. « J’y pensais depuis trois ans. L’Espagne m’intéressait et j’avais des amis qui sont partis et ont réussi ». Le déclic se fait après quatre mois de confinement. En août 2020, elle prend un billet sans retour pour Barcelone. Mais part en pleine pandémie, et voit son nouveau job partir sous ses yeux… Sa plus grande crainte lui saute au cou : ne pas trouver de travail.

Saro est alors conseillère de vente. Elle postule partout, en vain. « Beaucoup de Français m’avaient conseillé de trouver un travail avant de venir, parce que c’est une galère, relate-t-elle. Et c’est vrai que je n’ai jamais trouvé. » Mais l’échec permet parfois de rebondir, bien plus haut.

Saro Tandjigora s’est finalement très bien intégrée

La jeune femme a fait de sa passion, son métier. Elle qui adore cuisiner… Dans son appart à Poblenou, elle concocte des plats africains, français, espagnols. Et lance son business : « Los Sabores de Saro ». « Au bout du compte, j’ai monté ma boîte. Et je pense gagner même plus qu’en ayant eu un poste ! » N’est-ce donc pas cela la rançon de la gloire ? Faire ce que l’on aime ?

Français à Barcelone : la langue comme barrière

Sandrine Gauvin, 37 ans, ne dira pas le contraire. Elle a fait un peu pareil d’ailleurs. L’ex-éducatrice spécialisée vivait dans les Yvelines, près de Paris. En juillet 2020, elle décide changer de travail en partant à Barcelone. Le hic : « j’avais un espagnol très médiocre ! »

Une barrière rapidement franchie. Ou plutôt détournée. Sandrine s’installe à la Barceloneta et commence son intégration en travaillant dans des call centers. « Je crois que j’ai commencé comme à peu près tous les expatriés au début », rigole-t-elle. Confortable, il faut dire. Les appels se faisaient en français. Neuf mois plus tard, elle veut changer mais ne parle toujours pas couramment espagnol.

Sandrine Gauvin a surmonté l’obstacle de la langue

Sandrine monte alors sa propre boîte et devient coach familial. « Ma cible reste les français, mais à terme j’aimerais toucher les espagnols et anglophones », assure l’entrepreneuse. Avec cette expérience, elle réalise que la langue espagnole n’est pas un obstacle pour trouver du travail. Et surtout : « il ne faut pas s’arrêter à ça. » Elle rigole : « alors oui, c’est vrai que parfois il y a eu des situations rocambolesques, comme demander une côte de bœuf dans une banque ! Mais maintenant j’arrive à tenir une conversation en espagnol, malgré quelques difficultés ».

Une question de volonté

Ce n’est pas peine perdue ! Audrey Le Guyader en est l’exemple même. En arrivant à Barcelone, cette jeune maman originaire de Lyon, ne parlait ni espagnol, ni catalan. Et maintenant ? « Je suis parfaitement trilingue ! Bon avec mon accent français quand même ».

Les langues n’étaient pourtant pas son fort au départ. Et celles qu’elle connaissait n’allaient pas l’aider. ‘Je ne comprenais rien du tout. Quand j’allais au supermarché, c’était l’angoisse », raconte la Lyonnaise de 40 ans. Pour ouvrir sa boutique de reliure, il y a dix ans, dans le quartier Gracia, elle tenait absolument à parler l’espagnol, pour communiquer avec toute sa clientèle, mais aussi catalan. « Parce qu’on est en Catalogne, et les Catalans adorent quand on valorise leur langue ! Et puis,  il y a plein de mots transparents ».

Audrey Le Guyader est désormais trilingue

Trois mois de cours intensifs plus tard, des films, livres et émissions télévisées, Audrey Le Guyader commence à adopter la langue. En un an, elle devient parlera couramment l’espagnol, avant de se mettre au catalan, qu’elle pratiquera régulièrement en trois mois seulement. Question de volonté, dira-t-elle. « Je suis passée outre la honte de mal parler, et une fois le stress parti, on y arrive très bien ». 

Alors avec tous ces témoignages, on se dit bien que finalement, s’installer à Barcelone ne devrait pas être si compliqué.  « De toute façon, les seules limites que l’on a, ce sont celles qu’on se met soi-même », philosophe Sophie Penanguer. 

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medecin français à Barcelone

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