Sara Bieger : « la France crée en Espagne un demi million de postes de travail »

chambre de commerce espagne

Sara Bieger, entrepreneuse franco-espagnole, dirige actuellement la Chambre de Commerce Française en Espagne, basée à Madrid. Elle intervient régulièrement sur les questions de relations économiques entre la France et l’Espagne, l’attractivité de Madrid, l’investissement étranger et le développement des entreprises françaises en Espagne. Rencontre.

Quel est le poids de la France en Espagne ?

La France est le premier client de l’Espagne et le troisième investisseur dans le pays. La France crée en Espagne un demi-million d’emplois.

Beaucoup de directeurs et de présidents de sociétés françaises sont présents en Espagne, et particulièrement à Madrid.

La présidente de la région de Madrid, Isabel Ayuso, travaille beaucoup avec les communautés d’Amérique latine en effectuant des déplacements officiels à Cuba ou encore au Mexique pour faire venir de grandes fortunes et des entreprises. Qu’en pensez-vous ? Et deuxièmement, travaillez-vous avec Isabel Ayuso pour qu’elle fasse la même chose avec la France ?

Entre l’Espagne et l’Amérique latine, il y a des liens culturels et surtout une langue commune qui rend très simple l’adaptation à Madrid. Il est vrai aussi que les traités existants facilitent grandement l’installation. Concernant la France, nous travaillons surtout avec la mairie de Madrid et son programme Invest in Madrid.

On dit que les institutions à Madrid sont plus ouvertes qu’ailleurs. Et vous l’avez expérimenté. Par exemple, pour les 130 ans de la Chambre, vous avez eu la présence du Roi d’Espagne.

J’ai toujours pensé que cette proximité entre les institutions et les entreprises françaises était un point à développer. Nous avons effectivement fêté les 130 ans de la Chambre avec les acteurs institutionnels, le Roi, la présidente de la Région, Isabel Ayuso, et José Luis Martínez-Almeida, le maire de Madrid.

Ce qui est important pour nous, c’est d’ouvrir des portes institutionnelles à nos membres. Nous avons d’ailleurs créé le Comité des relations institutionnelles et des affaires publiques. Ici, c’est littéralement le monde entier qui se croise. Nous avons par exemple invité l’ambassadeur chinois. Et nous allons continuer avec les États-Unis, l’Allemagne, parce que nous pensons qu’il est toujours important d’être en relation avec les autres.

Quels conseils donneriez-vous à un Français qui veut venir s’installer ici pour ouvrir une entreprise ? Quelles sont les choses à faire et celles à ne pas faire ?

Il faut comprendre que, contrairement à la France, l’Espagne est un pays très décentralisé. Il faut donc se poser la question de savoir si l’on ouvre un ou plusieurs marchés. Au-delà du fait que nous sommes dans l’espace européen, la Catalogne et l’Andalousie, par exemple, sont très différentes, que ce soit au niveau du public, des prix ou encore de la législation.

cci madrid

Quels conseils donneriez-vous à un Français de Barcelone qui veut déménager pour monter sa boîte à Madrid ?

Madrid est une ville très ouverte qui s’est beaucoup développée. Il faut en tenir compte dans son budget, notamment pour les coûts liés au logement. La communauté française est très importante à Madrid et tisser des liens entre expatriés y est très facile, quel que soit l’âge de la personne.

Les choix politiques ont fait que la ville a beaucoup changé depuis vingt ans. Il y a de la croissance. Il y a de la puissance. Barcelone a perdu un peu de forces tandis que Madrid en gagnait. En un mot, Madrid a récupéré ce que Barcelone perdait.

Nous l’évoquions auparavant : les Sud-Américains ont investi beaucoup d’argent à Madrid et aujourd’hui cela se traduit par l’ouverture de nombreuses boutiques et de restaurants. Cela a créé un cercle vertueux avec un renforcement de l’offre culturelle, des musées, des théâtres, des comédies musicales. Un Français peut facilement s’intégrer dans toute cette énergie.

Il faut aussi parler de l’innovation et des aides que Madrid offre aux entreprises. Madrid possède une fiscalité beaucoup plus avantageuse qu’en Catalogne, par exemple, ce qui a également attiré de nombreuses sociétés. Enfin, Madrid a réussi à capter un tourisme de luxe qui s’est développé avec l’ouverture d’hôtels cinq étoiles.

Est-ce que Madrid est arrivée à son sommet ou peut-elle encore continuer à monter plus haut ?

La ville ne doit pas mourir de son succès, avec des prix exorbitants pour le logement, comme nous l’évoquions.

Cependant, je possède un caractère très ambitieux. Il faut donc trouver un point d’équilibre entre le maintien d’une certaine manière de vivre, où les Madrilènes peuvent continuer à profiter de leur ville, tout en poursuivant le développement de la capitale.

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Nico Salvado

Cofondateur et directeur d’Equinox, Nico Salvado est journaliste spécialisé en politique et économie. Passé par Radio France et NRJ, il est aujourd’hui correspondant pour Europe 1 en Espagne, où il décrypte l’actualité nationale et les enjeux économiques du pays.
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Nico Salvado

Cofondateur et directeur d’Equinox, Nico Salvado est journaliste spécialisé en politique et économie. Passé par Radio France et NRJ, il est aujourd’hui correspondant pour Europe 1 en Espagne, où il décrypte l’actualité nationale et les enjeux économiques du pays.
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