Les guides de Barcelone face à la tourismophobie

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Groupe touristes Sagrada familia

Face au tourisme de masse à Barcelone et ses nombreuses critiques, les guides touristiques répondent. Entre tourisme responsable et guides non-officiels, la situation s’avère être complexe.

Si le retour des touristes à Barcelone en agace plus d’un, les guides touristiques, eux, sont soulagés. Pour Florence, guide à Barcelone depuis 7 ans, le retour des étrangers est une bonne nouvelle, « les gens sont de retour, donc je vais pouvoir travailler et m’assurer un revenu ». Mais pour Pau Moncho, guide depuis 12 ans et Barcelonais de naissance, “la pandémie était plutôt une opportunité pour retrouver le tourisme local”.

Avant la crise du Covid, la ville de Barcelone souhaitait déjà réguler son tourisme et le transformer en un tourisme culturel de qualité. Mais aujourd’hui, les priorités économiques ont changé. Il est primordial de relancer l’économie de Barcelone, y compris par le biais du tourisme qui représente une part importante de la richesse de la ville. “On aimerait bien changer de modèle, mais en même temps il y a l’urgence économique qui fait que c’est compliqué” affirme Florence.

Des priorités économiques

A Barcelone, le tourisme représente 9% du PIB et 12% des emplois. La mairie souhaite toutefois modérer légalement cette recrudescence de touristes, en limitant l’accès à des lieux symboliques, comme la place de Sant Felip Neri, à 12 groupes maximum. « La mairie de Barcelone tente d’éparpiller les visiteurs à travers la ville, pour éviter la saturation des quartiers du centre-ville et des plages » explique Xavier Marcé, conseiller municipal en charge du tourisme.

Pourtant, les professionnels du secteur restent perplexes. Le manque d’information et de communication des instances publiques et touristiques est d’abord pointé du doigt par les guides non-officiels, comme Florence qui se renseigne seulement grâce à la presse.

Pau, lui, déplore le manque de considération, “on ne se sent pas écoutés par la mairie et le gouvernement catalan” affirme-t-il. La présence de ces accompagnateurs “non-officiels” gâche, selon lui, le travail d’autres professionnels du tourisme qui viennent en petit groupe, car “on se retrouve au milieu de 10 000 personnes, avec des guides qui parlent dans des hauts-parleurs, et on ne s’entend plus”. Florence tente de relativiser en affirmant qu’il ne s’agit que de nuisances sonores ou d’occupation d’espace, et qu’il n’y a “aucun fait grave de la part des touristes”. Le guide catalan, quant à lui, trouve “honteux” qu’une trentaine de personnes parcourent en groupe le quartier gòtic.

Un problème sans solutions ?

De nombreux professionnels du tourisme restent cependant soucieux du bien-être des habitants. “Je comprends et je partage même cette défiance des habitants pour les touristes, puisque j’habite moi-même dans la ville. On étouffe” affirme le guide catalan.

Pour éviter tout dérangement, Florence et Pau tentent de limiter le nombre de personnes lors de leurs visites, avec 10 ou 15 personnes maximum. Si certains guides essayent de respecter les lieux et la tranquillité des habitants, cela dépend de la volonté de chacun. Pour Pau, la solution serait donc d’attirer un autre genre de tourisme, plus culturel et moins “de plage”, pour l’équilibrer avec un tourisme local qui inclut les habitants. Une idée sans cesse remise sur le tapis par les responsables politiques, mais jamais suivie d’effets.

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