Ma vie de barmaid à Barcelone

medecin français à Barcelone

Qui n’a jamais rêvé, le temps d’une journée, de changer de métier ? Pour vous, Equinox part à la rencontre de ces personnes sans qui la vie à Barcelone ne serait pas la même. Une manière de s’imaginer, le temps d’un instant, le quotidien d’un habitant de la cité comtale au métier intrigant.

Pétillante, souriante et hyperactive. C’est d’une main de maître que Patricia Andres, Barcelonaise pure souche, gère son équipe derrière le bar du D9 à Poblenou. Tous les jours, de 17 h à minuit, la barmaid de 43 ans s’active sur tous les fronts.

L’adrénaline, c’est ça qu’elle aime. Employée au D9 depuis 6 ans, sa passion pour le métier remonte à bien plus longtemps. Et pour cause, l’habitante du quartier Glòries sert toutes sortes de boissons depuis 26 ans.

Pourquoi le métier de barmaid ?

J’ai commencé à 17 ans, quand j’étais étudiante. Au début, le seul but, c’était de me faire un peu d’argent en parallèle de mes études d’esthétiques. Très vite, j’ai aimé le métier. Je trouvais ça cool et amusant parce qu’on rencontre plein de monde, on parle plusieurs langues. J’adore ça, c’est vraiment divertissant.

Quelle est la chose que tu préfères dans le métier ?

Les gens. C’est la meilleure chose et la pire, à la fois. Tous les jours depuis que je suis barmaid, je rencontre de nouvelles personnes. Et souvent, les gens sont gentils. Dans ces moments-là, je me dis, « c’est pour ça que je fais ce métier ». Mais parfois, il y a des personnes réellement mal éduquées. Et là, ça devient désagréable, mais bon, c’est comme partout. Ça fait partie du jeu.

Quelle est la pire anecdote ?

La pire ? Je ne sais pas, tout se passe bien la plupart du temps. Mais en parlant de gens mal éduqués. Pas plus tard qu’hier, il y a un Français qui est venu me voir et me demander si je parlais français. Je lui réponds que non, mais que je parle anglais, castillan, catalan et italien. Et pendant que je lui réponds, il met ses mains sur ses oreilles et il s’en va en disant « blablabla ». Et la semaine dernière, il y a une fille qui a voulu rentrer avec sa trottinette. Je lui ai dit qu’elle ne pouvait pas, ça l’a énervé. Donc, elle a mis un commentaire sur Google en disant que le bar était nul, que les cocktails ne sont pas bons.

D9 BARCELONEEt la meilleure ?

Il y a quelques années, je travaillais le jour de mon anniversaire alors que ce n’était pas prévu. Et mes collègues à minuit m’ont fait une surprise. Ils ont mis la musique « Joyeux anniversaire » devant tout le monde et ont apporté un gâteau. C’était un très beau moment, je ne m’y attendais pas. J’ai aussi une cliente très fidèle qui travaille dans un magasin de maquillage et chaque année pour Noël, elle m’amène soit un mascara, un crayon pour les yeux… Il y a des gens qui, vraiment, apprécient les barmans et ça crée des liens. Des fois, on m’amène une boite de bonbon. Ce sont des détails, mais les gens se souviennent de toi, et toi, tu te souviens d’eux.

Parmi les touristes, quelle est la meilleure nationalité ?

Les Américains et les Anglais. Ce sont les plus cool, mais seulement quand ils sont de bonne humeur. Sinon, quand ils sont énervés, ils peuvent être assez méchants. Mais il y a des personnes plus ou moins gentilles dans chaque pays. J’aime travailler avec des touristes parce que ça me permet de pratiquer plusieurs langues et d’apprendre les cultures des autres pays du monde. Ça permet de s’ouvrir.

Et la pire ?

Les Français et les Espagnols sans hésiter. Ils sont très exigeants. Ils veulent le maximum de chose en payant le moins possible. Et ils croient que s’ils nous connaissent, nous les barmans, ils vont avoir pleins d’avantages. Mais on connaît tellement de monde que ce n’est pas possible, ça ne fonctionne pas comme ça.

Est-ce que les barmaids et barmans font ce métier pour draguer ?

Non, ça, c’est une légende que tout le monde croit. Moi, je fais ce métier parce que j’aime vraiment ça. Après, c’est sûr que si tu te débrouilles bien, tu as beaucoup de possibilités et tu peux facilement rentrer avec quelqu’un tous les soirs, ou presque. Mais il faut nuancer. Ça reste un métier difficile et fatiguant. Les clients souvent en fin de soirée sont bourrés, donc ça ne donne pas forcément envie. Après, il est clair que ça reste un monde très propice à la drague.

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