« C’est cher ! » : les touristes français choqués des prix à Barcelone

Touristes français

L’Espagne moins chère que la France. C’est sur ce postulat que bon nombre de touristes français sont restés. De quoi les surprendre, donc, au moment de payer l’addition. Et ils le font savoir. Mais que cache cette attitude aux teintes bleu-blanc-rouge ? Entre vision archaïque et surprise, reportage dans les rues de Barcelone. 

« C’est cher ! », « je ne m’attendais pas à des prix si élevés », »j’étais persuadé qu’en Espagne c’était moins coûteux ». Dans les rues de Barcelone, on les reconnaîtrait d’entre milles. Que ce soit en marchant ou directement auprès des commerçants, il n’est pas rare d’entendre ces remarques de la bouche des touristes français. « Ce sont surtout eux qui nous le font remarquer », note Santiago, serveur dans un restaurant de la Plaça Sant Agustí Vell, dans le Born. Non pas qu’il s’agisse d’une réelle malveillance, mais plutôt d’un véritable étonnement.

« Même dans les supermarchés, les prix sont pareils qu’en France », s’exclament Clémence, Manon et Emma. Les trois jeunes Lyonnaises de 22 ans ont choisi la capitale catalane pour leur semaine de vacances. Un endroit supposé accessible pour sortir et faire la fête. Du moins, dans leur conception. « On ne pensait pas que les prix seraient si élevés. Sur l’alcool par exemple, la bouteille de Jagger, je pensais la payer 10 € de moins qu’en France », assure Emma. Mais Barcelone n’est pas La Jonquera. Ici, cette boisson vaut à peine un ou deux euros de moins qu’outre-frontière.

Des prix similaires à la France

Même son de cloche et désarroi du côté de la restauration, lorsque Dana et Manon, originaires de Bretagne, ont reçu l’addition d’un restaurant du port. « Le prix du mojito était entre 8 et 10 € », constatent-elles. Avant de reconnaître : « Bon, évidemment cela doit être moins cher dans d’autres quartiers mais forcément, en vacances, on veut être en bord de mer ». Mais tous ne se montrent pas aussi lucides.

« Beaucoup de touristes, Français surtout, sont surpris. Mais ils vont dans le centre-ville. C’est comme si à Paris, tu mangeais près de la Tour Eiffel. Les prix sont forcément plus élevés qu’en périphérie », renchérit Santiago au pied de sa terrasse dans le Born. La référence est bonne, car selon Cyril, co-dirigeant des centres d’esthétique French Kiss, « il s’agit surtout de la clientèle parisienne ou bordelaise, et des aoûtiens plus que des juillettistes ». A l’accueil de son salon de beauté du Portal del Angél, rue touristique parallèle à La Rambla, ils sont plusieurs à lui faire remarquer que le coût des manucures et massages est similaire à ceux de la capitale française.

« Il y a encore cette image d’une Espagne peu développée »

« Dans leur état d’esprit, Barcelone est restée comme il y a quelques années. Il y a encore cette image presque tiers-monde d’une Espagne peu développée », pense Cyril. En clair, d’un pays encore inférieur à la France. « J’ai même des touristes qui sont surpris de la modernité des hôtels ». Une vision très éloignée de la réalité. D’une part, parce que Barcelone est autant, voire plus en avance sur plusieurs secteurs comme la santé ou la technologie. Mais aussi parce qu’à contre-courant des clichés, vivre ou posséder un commerce dans la capitale catalane est presque devenu un luxe.

« Les touristes n’ont pas conscience que Barcelone est l’une des villes les plus chères d’Espagne », déplore Santiago, serveur du restaurant Santagustina du Born. En omettant la qualité de la nourriture vendue par certains établissements attrape-touristes de la Rambla, une pensée s’accorde aux loyers qu’ils se voient imposer. Entre 15 000 et 30 000 € par mois, explique l’un des commerçants de l’artère la plus célèbre de la ville dans cet article d’Equinox. Alors forcément, les prix des mets grimpent en conséquence. Et il ne reste plus que deux options : changer de quartier, et se faire à l’idée que l’Espagne n’est plus ce qu’elle était.

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