L’Espagne continue d’enregistrer des chiffres économiques de manière insolente. Au mois de mai, le pays a signé un nouveau record d’emploi avec un total de plus de 22,3 millions de travailleurs, selon les chiffres moyens d’affiliation à la Sécurité sociale publiés ce mardi.
Avec près de 232.000 affiliés supplémentaires par rapport à avril, il s’agit du deuxième meilleur mois de mai de l’histoire. Un mois traditionnellement favorable à l’emploi, mais qui l’a été particulièrement cette année grâce à la forte contribution des travailleurs étrangers, alors que le processus de régularisation approuvé par le gouvernement est en plein déploiement. Du côté du chômage, la baisse est plus modérée qu’à l’accoutumée, avec 36.300 demandeurs d’emploi en moins.
Le nouveau sommet du marché du travail espagnol s’établit précisément à 22.337.806 personnes affiliées en moyenne à la Sécurité sociale. Ce record s’accompagne de plusieurs autres : un nombre inédit de femmes en emploi, avec près de 10,6 millions de travailleuses, mais aussi d’hommes (11,7 millions), de travailleurs indépendants (3,46 millions) et de salariés étrangers (près de 3,4 millions de personnes).
Le mois de mai est habituellement favorable à l’emploi et à la baisse du chômage. Avec l’arrivée des températures estivales – cette année encore particulièrement élevées –, les recrutements augmentent, notamment dans l’hôtellerie, mais aussi dans d’autres secteurs comme la construction, qui a fortement contribué à la hausse de l’emploi.
Forte progression des travailleurs étrangers
Les données concernant l’emploi des citoyens étrangers sont plus favorables ce mois de mai que lors des années précédentes. Toutefois, le gouvernement estime qu’il est encore « très prématuré » d’établir un lien direct avec le processus exceptionnel de régularisation des migrants, toujours en cours. Les autorités rappellent également que les chiffres de l’emploi étranger étaient déjà particulièrement dynamiques ces derniers mois, avant même le lancement de cette procédure. Ainsi, les travailleurs étrangers représentent près de la moitié des nouvelles affiliations enregistrées en mai, soit 48 % du total, contre 38 % à la même période l’an dernier.
Construction et commerce boostent la croissance
Par secteur, dans un contexte général de hausse de l’emploi, c’est l’hôtellerie qui enregistre le plus grand nombre de nouveaux affiliés, avec près de 67.300 travailleurs supplémentaires par rapport à avril (+3,5 %). Les résultats globaux affichent également une forte progression dans d’autres secteurs, notamment la construction, avec 14.000 travailleurs supplémentaires, et le commerce, avec 16.500 affiliés de plus.
L’emploi accélère malgré les incertitudes internationales
Le rythme de création d’emplois s’accélère et atteint désormais 2,54 % sur un an, soit son niveau le plus élevé depuis le début de l’année 2024. En valeur absolue, cela représente plus d’un demi-million d’emplois créés au cours des douze derniers mois.
Ces résultats interviennent pourtant dans un contexte de forte incertitude internationale marqué par la guerre entre l’Iran et Israël et par la hausse des prix de l’énergie. Pour l’instant, ces tensions n’ont pas d’impact visible sur le marché du travail espagnol. L’inflation s’établit à 3,2 % en mai et le nombre de salariés placés en chômage partiel continue de diminuer.
« L’Espagne reste en tête des principaux pays de notre environnement en matière de création d’emplois. Nous progressons davantage dans les activités à forte valeur ajoutée. Et ce n’est pas seulement la quantité d’emplois qui s’améliore, mais aussi leur qualité, dans toutes les classes d’âge », a souligné la ministre de la Sécurité sociale, Elma Saiz.
Les contrats à durée indéterminée poursuivent leur progression
Souvent, l’Espagne est perçue comme un pays n’offrant que des emplois précaires. Dans les faits, il n’en est rien. En mai 2026, environ 572.000 contrats de travail à durée indéterminée ont été signés. Ils représentent 43 % de l’ensemble des contrats conclus, contre seulement 10 % avant la réforme du marché du travail d’octobre 2024, qui encadre beaucoup plus strictement le recours aux contrats à durée déterminée.
Le secrétaire d’État au Travail, Joaquín Pérez Rey, souligne que le taux de précarité, c’est-à-dire la part des salariés en contrat temporaire, a fortement diminué dans toutes les tranches d’âge et tous les secteurs d’activité, passant de plus de 31 % à moins de 12 %.
Le chômage baisse moins fortement
Le chômage enregistré dans les agences publiques pour l’emploi a diminué en mai, mais moins fortement que lors des années précédentes. Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits a reculé de 36.323 personnes par rapport à avril, alors que les baisses avaient approché les 60.000 personnes lors des deux dernières années.
Le nombre total de chômeurs s’établit désormais à 2.320.721 personnes, soit son niveau le plus bas depuis dix-huit ans, au début de la précédente grande récession qui avait fait grimper le chômage à près de cinq millions de personnes.
Le ministère du Travail souligne que le chômage masculin a reculé de 51.851 personnes (-5,4 %), tandis que le chômage féminin a diminué davantage encore, avec 82.311 femmes de moins inscrites au chômage (-5,5 %).




