Le parti politique de droite radicale Vox se prépare à gouverner l’Espagne avec le concours de la droite classique du Partido Popular.
Les valises sont prêtes. Santiago Abascal, président de Vox, est sur le qui-vive pour s’installer sous les ors de la monarchie espagnole. Avant de parler du futur, concentrons-nous sur le bilan de l’année 2026. Le grand gagnant du cycle électoral est, sans aucun doute, Vox. Afin de fragiliser le Premier ministre Pedro Sánchez avec une campagne électorale permanente, le Partido Popular (PP) a déclenché des élections anticipées dans les régions qu’il dirige. Le but est de démontrer que le Parti socialiste n’est plus que l’ombre de lui-même, avec à sa tête un Pedro Sánchez défiguré par la corruption de son entourage proche. (À ce propos, lire l’article l’ancien ministre Ábalos, bras droit de Pedro Sánchez, condamné à 24 ans de prison).
L’objectif est atteint, la gauche a fait ses pires scores en Andalousie, Aragón, Castilla y León (plus grande région espagnole) et Extremadura. Mais revers de la médaille, Vox, dans toutes ces régions, a fait des percées qui ont réduit les votes vers le PP. Dans aucun territoire, le PP ne peut gouverner seul les conseils régionaux et a dû s’appuyer sur son frère musclé, Vox. Et c’est bien la droite radicale qui a marqué le rythme. Alors que le PP voulait apparaître sous son meilleur profil centriste, Vox a sorti la carte empoisonnée de la préférence nationale.
Le PP s’est fait tordre le bras pour signer un programme qui inclut un durcissement contre les mineurs clandestins, contre l’enseignement de l’arabe dans les écoles et le retrait des subventions aux associations catholiques Caritas. Cette dernière mesure est une représaille de Vox contre le pape Léon, qui a pris position en faveur des sans-papiers lors de sa visite espagnole.
Une coalition droite, droite radicale bientôt au pouvoir en Espagne
Au vu des résultats régionaux, il apparaît clairement que lors des prochaines législatives, qui auront lieu en 2027, ou avant si Pedro Sánchez démissionne en raison des affaires, le PP ne pourra gouverner seul et devra accueillir Vox dans son gouvernement. La préférence nationale sera alors déployée dans tout le pays.
Si Pedro Sánchez s’accroche au pouvoir et n’a pas encore déclenché les législatives anticipées, c’est également dans une stratégie très mitterrandienne. Le socialiste, en 1986, avait utilisé toute son influence pour offrir à Jean-Marie Le Pen une présence médiatique du leader du FN. Le but : faire monter le FN au détriment de la droite. En Espagne, chaque jour qui passe, les électeurs de droite, exaspérés par la présence de la gauche aux manettes, ont tendance à se porter de plus en plus sur Vox, comme on le constate dans les sondages. Surfant sur l’opportunité, le gouvernement peste quotidienement contre l’alliance fasciste va déferler sur l’Espagne. Alberto Feijóo, chef de la droite et potentiel futur Premier ministre, est coincé entre le marteau et l’enclume, sa nature étant plutôt centriste. Vox compte aussi sur le soutien du président Trump, qui cherche à créer une constellation de droite dure en Europe. Marine Le Pen en France, Meloni en Italie et Vox en Espagne.




