Le lundi, Equinox ouvre ses colonnes à des regards personnels sur Barcelone, l’Espagne et la vie locale pour une tribune libre. Tous les lundis de l’été, c’est Diane, récente expatriée dans la cité catalane, qui prend la plume.
Rapidement après mon arrivée à Barcelone j’ai dû mettre en place quelques changements pour continuer à bouger malgré un emploi du temps chargé. Je suis vite revenue du cliché que les Espagnols travaillaient moins que les autres – je n’ai jamais travaillé autant de ma vie, et j’étais pourtant habituée à travailler beaucoup – et je me suis retrouvée avec peu de temps ou d’énergie pour pratiquer une activité sportive. J’ai donc décidé de marcher pour aller au et revenir du bureau, une heure à chaque trajet, chaque jour.
Outre le bien-être physique certain que ces deux heures de marche quotidiennes rythmées par les sirènes de police et des ambulances m’apportent et dont je ne peux plus me passer, quel que soit la saison et le temps, elles m’ont surtout permis de réaliser ce qui fait l’essence de la vie ici, en tout cas à mes yeux : les gens et leur joie de vivre.
Je me souviens qu’alors que je lui expliquais que mon appartement était assez petit, une de mes collègues adorées m’avait dit que c’était souvent le cas à Barcelone mais qu’en même temps, de mai à octobre, on vivait dehors donc ça n’avait pas tellement d’importance. Et ça m’a sauté aux yeux lors de ces marches quotidiennes particulièrement lors des chaudes soirées d’été.
Il n’y a rien que j’aime plus à la fin d’une longue journée de travail, parfois stressante, de regarder la vie qui se déroule à l’extérieur. Les enfants qui jouent au ballon pendant que leurs parents papotent sur un banc en mangeant des chips et alors que des vieilles dames en petite bande de trois ou quatre, se baladent en grappe et rigolent comme ces mêmes enfants. Voir les gens qui font la queue pour acheter des figues fraîches ou des tomates de saison chez les nombreux primeurs qui jalonnent la rue. Écouter les rires et les conversations (très) animées des différents groupes de jeunes ou moins jeunes qui se retrouvent pour un apéro bien mérité en terrasse et qui s’interpellent de table en table dans les bars de quartier qui n’ont pas besoin d’avoir la dernière déco du moment pour être populaires et remplis !
Me demander quelle est l’histoire de cet homme qui, tous les matins, prend son café et son *bocadillo*, à la même table, avec son perroquet dans sa cage. Sourire à tous les chiens qui passent et dont la vue me réconforte à chaque fois que je suis de moins bonne humeur. M’extasier devant la lumière incroyable de la fin de la journée et le ciel superbe qui n’est jamais le même lorsque le soleil se couche. Et de ne pas me lasser de voir ce même couple super cool que je retrouve toujours au même endroit de la rue avec leur gobelet de café à emporter sur leur propre chemin vers le bureau (enfin tel que je me l’imagine) et qui semble avoir tant de choses à se dire même à 7h55 du matin…
Je ne pourrais dire plus à quel point ces plages de marche dans ma journée me sont précieuses à tant de niveaux.



