Une manifestation de militaires annoncée à Ceuta

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À Ceuta, la crise migratoire se double désormais d’un malaise au sein de l’armée. Des militaires appellent à manifester mercredi 16 septembre pour dénoncer les agressions dont ils disent être victimes, mais aussi le manque de moyens et de protection juridique. Une mobilisation présentée comme inédite dans la ville espagnole.

En France, on appelle l’armée « la grande muette » en raison de son interdiction de manifester. Des pudeurs de gazelle dont ne s’embarrassent par les militaires espagnols. En effet, l’Association de la troupe et des marins espagnols (ATME) a appelé à un rassemblement mercredi 16 septembre à 20 heures, sur la Plaza de los Reyes, en plein centre de Ceuta. L’organisation invite également policiers, gardes civils et habitants à participer selon une information révélée par le journal local, El Faro de Ceuta.

En effet. La tension ne retombe pas à Ceuta. Plus d’un mois après l’arrivée massive de migrants qui a bouleversé le quotidien de l’enclave espagnole, une partie des militaires déployés sur place veut désormais faire entendre son mécontentement.

« Mentalement épuisés »

Au cœur de leur colère : les agressions dont plusieurs militaires disent avoir été victimes depuis le début de la crise.

L’un des incidents les plus importants s’est produit dans la nuit du 27 août à Benzú, à quelques kilomètres de la frontière marocaine. Quatre militaires chargés de missions de surveillance avaient été encerclés alors qu’ils circulaient dans un véhicule.

Selon les informations communiquées à l’époque par ATME, entre 30 et 40 personnes avaient lancé des pierres contre leur véhicule. Les soldats avaient dû quitter celui-ci et prendre la fuite à pied avant l’arrivée de la Police nationale et de la Guardia Civil. Quatre militaires avaient été blessés et douze personnes interpellées.

Depuis, l’association affirme que d’autres incidents se sont produits et demande une révision des conditions dans lesquelles les soldats interviennent dans les rues de Ceuta. « La situation est insoutenable », estime Marco Antonio Gómez, président de l’ATME. L’organisation évoque des jets de pierres, des coups ou encore des tentatives d’agression à l’arme blanche. L’association assure également que certains militaires sont désormais « mentalement épuisés » et que plusieurs familles auraient temporairement quitté Ceuta pour rejoindre la péninsule.

Les militaires réclament davantage de protection

Au-delà des agressions, la manifestation vise aussi à remettre sur la table plusieurs revendications anciennes de l’armée espagnole. ATME demande notamment que les militaires puissent bénéficier du statut d’agents de l’autorité lorsqu’ils participent à ce type d’opérations aux côtés des forces de sécurité. L’association réclame également que la profession militaire soit reconnue comme profession à risque et souhaite un cadre juridique plus précis pour les interventions effectuées dans les rues.

Des militaires estiment que les consignes actuelles ne leur permettent pas toujours de réagir correctement lorsqu’ils sont confrontés à des incidents violents. ATME réclame de son côté davantage de moyens de protection, des renforts et des règles d’intervention plus claires. Les conditions de travail font également partie des griefs. L’association affirme que certains soldats ont accumulé de très nombreuses heures supplémentaires depuis le début de la crise et dénonce des conditions de repos et d’hébergement insuffisantes.

Une nouvelle manifestation à Ceuta

Ce rassemblement intervient dans un contexte social particulièrement tendu dans la ville autonome. Depuis la crise migratoire de la fin juillet, policiers, gardes civils et militaires ont été massivement mobilisés pour contrôler la frontière, surveiller certains secteurs de la ville et assurer la sécurité autour des structures accueillant les migrants. Le mécontentement a également gagné une partie de la population. Plusieurs manifestations ont déjà été organisées ces dernières semaines à Ceuta pour réclamer davantage de moyens à l’État et dénoncer la gestion de la crise. Mercredi, ce seront donc cette fois des militaires qui souhaitent porter leurs revendications dans la rue. Un nouveau signe de la pression qui continue de peser sur Ceuta, plus d’un mois après le début de cette crise sans précédent.

 

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Image de Nico Salvado

Nico Salvado

Cofondateur et directeur d’Equinox, Nico Salvado est journaliste spécialisé en politique et économie. Passé par Radio France et NRJ, il est aujourd’hui correspondant pour Europe 1 en Espagne, où il décrypte l’actualité nationale et les enjeux économiques du pays.
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Cofondateur et directeur d’Equinox, Nico Salvado est journaliste spécialisé en politique et économie. Passé par Radio France et NRJ, il est aujourd’hui correspondant pour Europe 1 en Espagne, où il décrypte l’actualité nationale et les enjeux économiques du pays.
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