20h, ce jeudi soir, un bruit strident a résonné dans les rues de Barcelone. Les habitants de la ville ont massivement tapés sur des casseroles, à leurs fenêtres ou dans la rue et devant la mairie de la Plaça Sant Jaume. Ce n’est pas une pratique festive, mais un coup de pression mis sur les politiques pour qu’ils approuvent vendredi les nouvelles dispositions visant à tenter de réguler le marché locatif en Espagne.
Vendredi, les 350 députés du Parlement espagnol vont examiner deux textes afin d’humaniser la jungle du logement dans le pays. L’Espagne vit une véritable crise depuis une dizaine de jours. L’expulsion à Madrid de MariCarmen, 88 ans, de son logement, alors que son loyer avait quintuplé, a mis le feu aux poudres dans un pays où se loger est devenu presque impossible.
Les décrets, s’ils sont approuvés vendredi dans un hémicycle politiquement fragmenté, constitueraient une véritable révolution.
Les baux locatifs arrivant à leur terme seraient prolongés de deux années supplémentaires, il serait interdit de louer chaque chambre plus cher que l’appartement entier, une nouvelle réduction d’impôt serait mise en place pour certains locataires, et un prêt pouvant aller jusqu’à 50 000 euros sans intérêts serait proposé pour acheter son premier logement, entre autres mesures choc.
Casseroles, tentes de camping et manifestations
Mais voilà, les syndicats de locataires n’ont pas confiance dans le personnel politique et ont décidé de mettre un coup de pression.
Dans un communiqué, les organisations appellent les Barcelonais à exprimer leur colère en tapant sur des casseroles à 20h ce jeudi 1er octobre. Une manifestation devant les mairies espagnoles est également au programme de la journée. Cependant, en Catalogne, la mobilisation ne s’arrêtera pas au vote de vendredi.
Le Sindicat de Llogateres de Catalunya, avec le Sindicat d’Habitatge Socialista de Catalunya et la Confederació Sindical d’Habitatge de Catalunya, appelle à une grande manifestation samedi 3 octobre à 19 heures sur la plaça Pius XII de L’Hospitalet de Llobregat.
Le rassemblement devait initialement rendre hommage à Olga, une habitante décédée après une expulsion. Les organisateurs veulent désormais en faire une mobilisation plus large pour réclamer un changement de politique du logement. Des cortèges doivent notamment partir de Barcelone et de Sabadell. D’autres rassemblements sont également annoncés dans plusieurs villes catalanes, notamment à Gérone.
À Barcelone, la contestation s’est également installée en plein centre-ville. Depuis mardi soir, un peu plus d’une centaine de personnes, principalement des jeunes, ont installé des tentes sur la plaça Catalunya. Le mouvement entend faire écho aux mobilisations organisées depuis le week-end précédent à la Puerta del Sol de Madrid.



