TGV France-Espagne, Ceuta, Israël : le bilan de la visite de Macron à Madrid

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Le président Emmanuel Macron est en visite d’État à Madrid. L’occasion pour le président de la République d’enchaîner les tête-à-tête avec le roi d’Espagne et le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez. Mercredi, devant la presse, le chef de l’État a dressé un premier bilan de la visite autour de trois thèmes majeurs : la connexion ferroviaire entre la France et l’Espagne avec les TGV, la crise migratoire à Ceuta et la guerre au Proche-Orient.

Un thème particulièrement important pour les Français vivant à Madrid et à Barcelone : les TGV. Depuis la séparation des deux opérateurs SNCF et Renfe, certaines lignes autrefois desservies ont disparu, comme la liaison à grande vitesse Barcelone-Toulouse. Les prix, eux, ont fortement augmenté.

Devant la presse, Emmanuel Macron a tenu à réaffirmer “son objectif qui est de relier Paris à Madrid en six heures et Lyon à Barcelone en 4h20”.

Dans un tout autre domaine, le chef de l’État a exprimé sa solidarité avec l’Espagne après la crise migratoire de Ceuta parce que “nous partageons, avec l’Espagne, le même attachement à l’équilibre qui a été trouvé entre responsabilité et solidarité et qui préside à la mise en œuvre du pacte asile-immigration, qui paraît la seule chose efficace à faire pour notre Europe. Et donc nous devons continuer à développer des solutions de fermeté, de protection de nos frontières communes, d’efficacité, mais dans le respect du droit de l’Union européenne et de nos valeurs sur les retours, la coopération de réadmission face aux filières et aux modèles économiques des passeurs, avec tous les leviers qui sont les nôtres, avec les pays de transit ou d’origine, en étant fermes, mais en étant solidaires entre Européens et en étant conformes à l’histoire qui est la nôtre et à nos valeurs”.

À l’heure actuelle, environ 10 000 à 12 000 migrants resteraient encore à Ceuta, certains vivant toujours dans des conditions extrêmement précaires. Samedi, une manifestation organisée à Madrid contre la gestion de la crise migratoire a réuni environ 20 000 personnes selon la Délégation du gouvernement, contre 180 000 selon les organisateurs. Parmi les revendications figuraient notamment l’accélération des retours vers le Maroc et la convocation d’élections législatives anticipées.

Enfin, Emmanuel Macron a également insisté sur la situation au Proche-Orient et s’est félicité que la France et l’Espagne aient eu “la clarté de reconnaître la Palestine tout en soulignant l’importance de la sécurité d’Israël, de ne rien céder à ce combat pour la paix et la stabilité et d’œuvrer pour la souveraineté territoriale du Liban, qui est une clé aussi de la sécurité de la région. Cette clarté est, je crois, importante”.

Une formulation qui met sur le même plan reconnaissance de la Palestine et sécurité d’Israël. Pedro Sánchez, de son côté, a particulièrement durci ces derniers mois son discours sur la situation à Gaza et la politique du gouvernement israélien, tout en affirmant parallèlement le droit d’Israël à exister et à garantir sa sécurité.

Le traité d’amitié franco-espagnol au point mort

Autre dossier qui empoisonne la relation franco-espagnole : le traité d’amitié et de coopération entre les deux pays, dit « traité de Barcelone ». Signé le 19 janvier 2023 par Emmanuel Macron et Pedro Sánchez lors du 27e sommet franco-espagnol, il s’agit du premier accord de ce type entre la France et l’Espagne, conçu sur le modèle des traités conclus par Paris avec l’Allemagne et l’Italie. Le texte doit renforcer très largement la coopération entre les deux voisins : consultations communes sur les grandes questions européennes et internationales, énergie et interconnexions, transports, sécurité intérieure, lutte contre le terrorisme, défense, justice, économie, recherche, enseignement, culture et coopération transfrontalière. Mais une disposition concentre depuis trois ans les tensions politiques en Espagne : tous les trois mois au moins, et à tour de rôle, un membre du gouvernement français doit être invité auprès du Conseil des ministres espagnol et réciproquement. La droite espagnole du Partido Popular (PP) estime que cette disposition porte atteinte aux règles constitutionnelles définissant la composition du gouvernement espagnol. Paris et Madrid ont pourtant précisé au printemps que ces rencontres se dérouleraient « en marge » du Conseil des ministres, lors d’une réunion séparée, et le Tribunal constitutionnel espagnol a finalement validé ce mécanisme. Malgré cet aval, le Sénat espagnol, où le PP dispose de la majorité absolue, a rejeté le traité mardi 29 septembre. Le désaccord entre les deux chambres doit désormais être traité par une commission mixte et, en cas d’échec, le Congrès pourra passer outre le veto du Sénat à condition de réunir une majorité absolue. Emmanuel Macron, qui s’est dit convaincu que le traité finirait par être adopté, attend donc désormais que la majorité nécessaire soit réunie au Parlement pour permettre à l’Espagne d’achever enfin la ratification d’un accord signé il y a plus de trois ans.

La visite d’État d’Emmanuel Macron en Espagne s’achève ce mercredi 30 septembre après deux jours de rencontres à Madrid. Au-delà du cérémonial, Paris et Madrid affichent leur volonté de renforcer une relation bilatérale déjà étroite. Les liaisons ferroviaires, la gestion commune des frontières européennes et le Proche-Orient resteront cependant des dossiers sur lesquels les deux capitales devront transformer les déclarations politiques en décisions concrètes. Une prochaine étape sera notamment attendue sur les connexions ferroviaires transfrontalières, réclamées depuis plusieurs années des deux côtés des Pyrénées.

 

 

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Nico Salvado

Cofondateur et directeur d’Equinox, Nico Salvado est journaliste spécialisé en politique et économie. Passé par Radio France et NRJ, il est aujourd’hui correspondant pour Europe 1 en Espagne, où il décrypte l’actualité nationale et les enjeux économiques du pays.
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Cofondateur et directeur d’Equinox, Nico Salvado est journaliste spécialisé en politique et économie. Passé par Radio France et NRJ, il est aujourd’hui correspondant pour Europe 1 en Espagne, où il décrypte l’actualité nationale et les enjeux économiques du pays.
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