Deux ans et demi après l’entrée en vigueur de l’encadrement des loyers en Catalogne, les prix augmentent de nouveau. À Barcelone, le loyer moyen dépasse désormais 1 140 euros mensuels. Mais derrière cette hausse, les derniers chiffres officiels révèlent aussi un ralentissement considérable du marché immobilier.
Le plafonnement des loyers n’empêche pas totalement leur augmentation. Selon les dernières données de l’Institut catalan du sol (Incasòl), publiées ce lundi 2 novembre, le loyer moyen dans les communes catalanes soumises à la réglementation a atteint 894 euros par mois au deuxième trimestre 2026. Une hausse de 2,6 % sur un an, qui ramène les prix pratiquement à leur niveau d’avant l’entrée en vigueur de la mesure. À Barcelone, où la crise du logement reste particulièrement aiguë, le loyer moyen s’établit désormais à 1 140,89 euros par mois, en progression de 0,5 % par rapport à la même période de 2025. Ces chiffres concernent les contrats de location enregistrés auprès des autorités catalanes, et non les prix affichés sur les plateformes immobilières, généralement plus élevés.
Des loyers qui augmentent moins vite que l’inflation
Malgré cette remontée des prix, le gouvernement catalan défend son dispositif. Entré en vigueur en mars 2024 dans une première série de communes, puis étendu en octobre de la même année, l’encadrement concerne aujourd’hui 271 municipalités, où vivent près de 90 % des habitants de Catalogne. La ministre catalane du Territoire et du Logement, Sílvia Paneque, estime que la réglementation atteint ses objectifs. L’augmentation des loyers de 2,6 % reste en effet inférieure à l’inflation, qui s’est élevée à 3,2 % sur la même période. Sur une période plus longue, le contraste est encore plus marqué. Depuis le début de l’année 2024, les loyers n’ont progressé que de 0,7 % dans les communes encadrées, contre environ 11 % dans celles qui échappent à la réglementation. Le plafonnement semble donc avoir freiné la flambée des prix, sans pour autant résoudre les difficultés d’accès au logement.
Moins de locations temporaires, mais toujours une pénurie de logements
Autre évolution notable : le recul des contrats de location temporaire, longtemps utilisés par certains propriétaires pour contourner le plafonnement applicable aux résidences principales. Leur nombre a chuté d’environ 40 % au deuxième trimestre 2026 par rapport à la même période de l’année précédente, selon la Generalitat.
Les autorités catalanes ont également renforcé les contrôles. Depuis la création de la Direction générale de discipline du logement, 43 procédures ont été ouvertes pour des infractions présumées à la réglementation, représentant 1,3 million d’euros de sanctions proposées. En parallèle, le parc locatif continue de progresser, mais lentement. Entre avril et juin, le solde entre les nouveaux contrats et les contrats résiliés a été positif de 2 512. Une évolution insuffisante pour répondre à la demande, qui reste largement supérieure au nombre de logements disponibles.
Le plafonnement des loyers prolongé jusqu’en 2028
Face à ces résultats, la Generalitat a décidé de prolonger l’encadrement des loyers jusqu’en 2028. Mais, toutes les communes ne resteront pas nécessairement concernées. Une nouvelle évaluation a identifié 22 municipalités qui ne remplissent plus les critères justifiant leur classement en zone tendue, notamment Lleida, Reus, Granollers et Mollet del Vallès. Barcelone et une grande partie de son agglomération continueront, en revanche, à être soumises au dispositif.
Le gouvernement catalan attribue également à sa politique immobilière un ralentissement de la hausse des prix à l’achat. Au deuxième trimestre 2026, le prix moyen au mètre carré a progressé de 8,5 % en Catalogne, contre 12,1 % dans la région de Madrid. Une différence que l’exécutif catalan explique notamment par le retrait progressif des fonds d’investissement du marché, même si cette comparaison ne suffit pas à démontrer un lien direct avec le plafonnement des loyers.
Pour les locataires barcelonais, le constat reste contrasté : la hausse des loyers a fortement ralenti, mais trouver un appartement abordable demeure un véritable parcours du combattant.






