Pêche, filets, déchets : au secours des tortues marines de Catalogne

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Pêche accidentelle, déchets, collisions avec les bateaux : sur le littoral catalan, les tortues marines sont confrontées à de nombreux dangers. À El Prat de Llobregat, près de Barcelone, la Fondation CRAM soigne les animaux marins en difficulté avec un objectif : les rendre à la Méditerranée.

Derrière la vitre du bassin, la tortue Atenas remonte tranquillement à la surface. Devant elle, Ignacio Peña Pascucci tient entre ses mains ce qui reste du piège dans lequel la tortue s’est retrouvée prise quelques semaines plus tôt.

Prisonnière de plusieurs kilos de déchets

Filets, morceaux de caisse, sacs, bouteilles en plastique : Ignacio soulève une masse compacte de déchets. « Tout cela était enroulé autour de sa nageoire arrière gauche », explique le vétérinaire de la Fondation CRAM, une organisation à but non lucratif spécialisée dans le sauvetage de la faune marine en Catalogne.

Atenas ne pèse que 5,8 kilos. Lorsqu’elle a été secourue au large de Tarragona, quelque 3,5 kilos de déchets pendaient à sa nageoire, plus de la moitié de son poids. Entièrement comprimé, le membre était trop abîmé pour être sauvé. Les vétérinaires ont dû l’amputer.

Depuis, la tortue récupère dans l’un des bassins du centre d’El Prat de Llobregat. Atenas est une tortue caouanne (Caretta caretta), la plus répandue des trois espèces de tortues marines présentes en Méditerranée, toutes protégées.

Lire aussi : À Barcelone, les pêcheurs remontent autant de déchets que de poissons

Dans les bassins, le rôle essentiel des bénévoles

Quelques bassins plus loin, Chantal Nicoletto plonge un thermomètre dans l’eau, attend quelques secondes : « 23,4. La température est bonne. » Une fois les bassins vérifiés, vient l’heure de préparer les repas pour tous les pensionnaires. Pour Atenas, ce sera calamar, poisson blanc et un peu de sardine.

Chantal a découvert la fondation après avoir assisté, par hasard, au sauvetage d’un dauphin sur une plage. « J’ai voulu savoir qui ils étaient. Ensuite, j’ai eu envie de devenir bénévole pour donner un coup de main. »

Pour Ignacio Peña Pascucci, cette aide est essentielle au fonctionnement du centre.

Pêche accidentelle : la principale menace

Entre 2022 et 2025, le CRAM a pris en charge 263 tortues marines sur le littoral catalan. Dans 85 % des signalements, la pêche était impliquée. Pour limiter les conséquences de ces captures, plus de 500 bateaux ont été formés aux protocoles à suivre. Un enjeu qui dépasse largement la Catalogne : à l’échelle de la Méditerranée, l’UICN estime que plus de 120 000 tortues marines seraient capturées accidentellement chaque année.

Sur le terrain, chaque signalement déclenche alors l’intervention des équipes.« Quand on nous prévient, le réseau de sauvetage est activé. Nous allons sur place avec la camionnette, nous récupérons l’animal et nous le transportons ici », raconte Ignacio. ÀÀ son arrivée, la tortue est examinée avant de commencer les soins et la réhabilitation.

La pêche n’est pas la seule menace. Certaines tortues arrivent, comme Atenas, empêtrées dans des filets ou des déchets marins. D’autres sont victimes de collisions avec des embarcations. Plus la vitesse est élevée, plus le risque et la gravité des blessures augmentent, notamment lorsque les tortues remontent à la surface pour respirer. Peque en porte les traces : sa carapace a été fracturée par un bateau.

Du plastique jusque dans l’organisme des tortues

Les effets de la pollution ne sont pas toujours aussi visibles. « Environ la moitié, même un peu plus de la moitié, des tortues qui entrent en réhabilitation défèquent du macroplastique », explique Ignacio.

Les morceaux retrouvés sont conservés. Ils sont utilisés pour des actions de sensibilisation menées par le centre, pour montrer où peuvent finir les déchets que nous produisons au quotidien.

Ignacio rappelle aussi quelques gestes simples : limiter les plastiques à usage unique et recycler ses déchets de manière responsable.

Après les soins, retrouver la mer

La durée de convalescence des tortues dépend de l’état de chaque animal. « En général, cela peut être deux ou trois semaines. Mais certaines arrivent plus faibles que d’autres et ont besoin de davantage de temps », explique Ignacio.

Certaines ont subi une opération. D’autres doivent simplement reprendre suffisamment de forces avant de pouvoir retourner à la mer. Lorsque la tortue a suffisamment récupéré, elle est relâchée au Prat de Llobregat ou sur une autre plage de Catalogne. Si toutes ne survivent pas, la grande majorité parvient à rejoindre la mer.

Dans son bassin, Atenas continue à reprendre des forces. Sa prochaine étape : retrouver la Méditerranée.

Un animal marin en difficulté : appeler le 112

Tortues, cétacés, requins, raies ou oiseaux marins : le CRAM peut intervenir auprès de plusieurs espèces. Sur le littoral catalan, lorsqu’un animal semble blessé, empêtré ou présente un comportement inhabituel, un seul réflexe : prévenir les secours en appelant le 112.

 

 

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Fanny Gauret

Journaliste et vidéaste. Après près de quinze ans passés à Euronews, où elle a signé quelque 200 reportages à travers l'Europe sur les enjeux économiques, sociaux et la transition énergétique, elle est aujourd'hui indépendante. Elle se consacre désormais aux sujets de société et d'environnement.
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Fanny Gauret

Journaliste et vidéaste. Après près de quinze ans passés à Euronews, où elle a signé quelque 200 reportages à travers l'Europe sur les enjeux économiques, sociaux et la transition énergétique, elle est aujourd'hui indépendante. Elle se consacre désormais aux sujets de société et d'environnement.
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