Lanzarote au fil de ses traditions : des marchés locaux aux villages marins de La Graciosa

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À Lanzarote, les guides commencent presque tous par les mêmes images : Timanfaya, la lave noire, les dunes. Une autre île se dévoile ailleurs, le dimanche matin sur les pavés de Teguise, dans les vignes cultivées à la main depuis le XVIIIe siècle, dans les villages du nord qui vivent encore au rythme des récoltes. Pour la trouver, il faut remonter vers le nord, de la terre vers la mer, jusqu’à cette autre île, minuscule, qui n’appartient qu’à elle-même : La Graciosa.

Teguise et ses artisans locaux

Chaque dimanche, de neuf heures à quatorze heures, Teguise, capitale de l’île jusqu’en 1852, se couvre d’étals nés en 1985 pour offrir une vitrine aux artisans locaux. On y trouve encore de la céramique inspirée de César Manrique, des paniers de palme, des bijoux montés sur des olivines volcaniques, au son du timple. Plus loin, dans la région de La Geria, les vignerons plantent leur malvasía volcánica dans des trous de cendres noires, protégés du vent par des murets appelés zocos. Rien ici ne se mécanise.

Haría, à l’écart du rythme de la côte

Dans la vallée de Haría, dite des mille palmiers, César Manrique a passé ses dernières années et repose aujourd’hui au cimetière du village. On y vit lentement, entre ruelles blanches et places ombragées. C’est là, en poursuivant la route vers le nord, qu’attend déjà le ferry La Graciosa, même si l’on reste encore, pour quelques kilomètres, côté terre.

Órzola, là où la route s’arrête

Órzola vit d’abord de la pêche : c’est la pointe nord de l’île, l’endroit où le goudron cesse d’avoir une raison d’être et où tout ce qui appartenait à la terre s’arrête net devant l’eau. Les barques rentrent au port en fin de matinée et les restaurants du front de mer servent le poisson du jour. Depuis le Mirador del Río tout proche, on aperçoit déjà la silhouette basse de l’île qui attend de l’autre côté.

Traverser le Río

Le bras de mer qui sépare Lanzarote de sa voisine s’appelle simplement el Río – qui signifie tout simplement « le fleuve » – ici, plusieurs compagnies assurent la liaison entre Órzola et Caleta de Sebo, dont le Biosfera Express, en une demi-heure. On quitte alors le quai, les falaises de Famara rapetissent dans le sillage du bateau, et la couleur de l’eau vire peu à peu au turquoise. Puis, assez vite en réalité, les premières maisons blanches de Caleta de Sebo apparaissent, posées à même le sable. Attention, mieux vaut consulter les départs actualisés et réserver un peu à l’avance, surtout en saison, pour éviter les mauvaises surprises.

Caleta de Sebo, une capitale de sable

La Graciosa n’est pas un prolongement de Lanzarote : reconnue seulement en 2018 comme huitième île habitée des Canaries, elle compte environ 700 habitants, presque tous à Caleta de Sebo. Aucune route n’y est goudronnée ; les rues sont en sable, et l’on s’y déplace surtout à pied ou à vélo. L’île appartient au parc naturel de l’archipel Chinijo, l’une des plus grandes réserves marines d’Europe. À quelques minutes du village, les plages de La Francesa et de La Cocina offrent une eau si transparente que certains visiteurs finissent par rester une nuit de plus qu’ils ne l’avaient prévu.

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