Huit fréquences de trains à grande vitesse entre Barcelone et Madrid sont suspendues dès aujourd’hui pour permettre la maintenance et la réparation des voies ferrées.
Deux semaines après le tragique accident qui a fait 46 morts en Andalousie, le réseau ferroviaire espagnol peine à retrouver sa normalité. La ligne la plus fréquentée du pays (15 millions de passagers annuels), entre Barcelone et Madrid, est particulièrement scrutée. Par mesure de précaution, la vitesse y a été fortement réduite sur certains tronçons, provoquant des retards de parfois plusieurs heures, dans un sens comme dans l’autre. Problème : les derniers trains empiétent sur les horaires de maintenance et de réparation sur les voies, qui s’effectuent la nuit.
Le gestionnaire des infrastructures ferroviaires, Adif, a donc demandé à l’ensemble des opérateurs d’annuler leurs derniers trajets. Ce lundi, le dernier train Renfe au départ de Madrid vers Barcelone est prévu à 19h34, tandis que le dernier Barcelone–Madrid part à 20h. Chez Iryo, la dernière liaison Madrid–Barcelone est programmée à 19h29, et la dernière Barcelone–Madrid à 19h40. Et pour Ouigo, le dernier train Madrid–Barcelone part à 20h10, et le dernier Barcelone–Madrid à 20h.
Les trois entreprises ont indiqué qu’elles allaient offrir des solutions de remplacement aux passagers ayant déjà leur billet, notamment en habilitant des doubles trains, au moins jusqu’à la semaine prochaine.
Pas d’effet sur les prix
Pour l’instant, toutes ces contraintes imposées aux opérateurs ne semblent pas avoir d’effet sur les coûts pour les usagers. Il est encore possible d’obtenir un aller-retour pour 60 euros en réservant quelques jours avant le départ. Par contre, les usagers ayant acheté leur billet après le 28 janvier, date à laquelle Adif a prévenu de retards structurels sur la ligne, ne pourront pas bénéficier des remboursements habituellement accordés.
Les voyageurs, et en particulier les professionnels, sont eux au bout du rouleau. « Je fais régulièrement le Barcelone-Madrid dans la journée pour la création d’une filiale de mon entreprise là-bas, prendre le dernier train était bien pratique, raconte un entrepreneur français, j’ai peur qu’en plus, s’il y a moins de trains, ils soient bondés, et que je ne puisse plus y travailler correctement ». Les retards constants font aussi réfléchir certains usagers, comme ce travailleur indépendant parisien qui voyage souvent en Espagne : « déjà, ils n’agrandissent pas l’aéroport de Barcelone, il y a des coupures d’électricité régulièrement, et maintenant les trains de banlieue et les TGV qui ne roulent plus, je commence à réfléchir à un retour en France ».
Les cheminots ont convoqué une grève du 9 au 11 février pour demander plus de garanties pour leur sécurité et celles des passagers. Ils invitent les usagers à les rejoindre.