La péninsule ibérique attire les Français aussi bien pour son cadre de vie agréable que par son offre immobilière attractive. L’Espagne est ainsi un pays plébiscité par les Français en quête d’un bien secondaire. Mais quelles régions tirent-elles leur épingle du jeu ?
Longtemps considérée comme une destination abordable pour les retraités, l’Espagne plaît désormais à une nouvelle génération d’acheteurs français en quête de soleil, de stabilité économique et d’un cadre de vie attrayant. De la Costa Brava à l’Andalousie, certaines régions concentrent particulièrement les envies de résidence secondaire des Français, avec des budgets qui grimpent et des profils d’acquéreurs de plus en plus aisés.
La Costa Brava, destination privilégiée des Français
C’est un classique qui ne se dément pas. La Costa Brava reste la région espagnole préférée des Français pour l’achat d’une résidence secondaire. Sa proximité avec la frontière française constitue un atout majeur, notamment pour les habitants du sud de la France qui peuvent rejoindre leur bien en voiture en quelques heures.
Mais au-delà de la facilité d’accès, les acheteurs français recherchent surtout un certain art de vivre. « Les Français aiment le sentiment d’exclusivité », nous explique Thomas Rouer, fondateur de l’agence J’achète en Espagne. Contrairement à certaines zones très urbanisées du sud de la péninsule ibérique, la Costa Brava séduit par ses paysages plus préservés, ses criques sauvages, les fameuses “calas”, et ses habitations souvent moins exposées au vis-à-vis. Des villes comme Sant Feliu de Guíxols ou Platja d’Aro figurent parmi les secteurs les plus prisés de ses acheteurs français.
Des alternatives plus abordables au sud de la Catalogne
Si la Costa Brava attire, ses prix élevés poussent aussi certains Français à chercher des alternatives plus abordables. Entre Castellón et Tarragone, plusieurs villes côtières connaissent ainsi un regain d’intérêt, notamment Vinaròs, Peñíscola ou encore Salou. Ces secteurs offrent un cadre méditerranéen similaire, tout en restant financièrement plus accessibles. « Là où une maison à Platja d’Aro peut rapidement dépasser les 500 000 euros, certains biens comparables restent accessibles autour de 300 000 euros dans le sud de la Catalogne ou dans la province de Castellón », estime Thomas Rouer.
Pour de nombreux Français, l’Espagne conserve donc un avantage compétitif sur le plan immobilier, même si les prix ont fortement progressé ces dernières années.
Une clientèle plus aisée et plus jeune
Le profil des acheteurs évolue sensiblement. Si les retraités restent présents, la majorité des acquéreurs sont aujourd’hui des actifs âgés de 50 à 60 ans qui anticipent leur future retraite. « Beaucoup achètent dix ans avant la retraite. Ils utilisent leur bien pendant les vacances, avec l’idée d’y vivre plus tard à temps plein », analyse le professionnel de l’immobilier espagnol.

Mais surtout, l’Espagne attire désormais une clientèle plus fortunée qu’auparavant. Dans certaines régions comme l’Andalousie, les budgets dépassent largement les 400 000 euros en moyenne, avec parfois des acquisitions à plus d’un million d’euros. Selon le fondateur de J’achète en Espagne, ce changement marque une évolution profonde du marché : l’Espagne n’est plus uniquement perçue comme une destination “low cost”. Elle devient un choix de vie et un placement jugé rassurant.
L’Espagne perçue comme un investissement stable
Dans un contexte économique français jugé plus incertain, de nombreux acquéreurs voient désormais la péninsule comme un pays stable et dynamique. « Les gens regardent beaucoup les fondamentaux économiques avant d’investir des sommes importantes », souligne Thomas Rouer. La croissance espagnole et le dynamisme du marché immobilier rassurent une partie des investisseurs français, notamment ceux qui disposent déjà d’un patrimoine conséquent.
Autre différence notable avec la France : une grande partie des acheteurs finance son acquisition sans crédit bancaire. Les acquéreurs en préretraite achètent souvent comptant, réduisant ainsi l’impact de la hausse des taux d’intérêt observée ces dernières années. Pour les non-résidents qui souhaitent emprunter, les banques espagnoles restent toutefois plus prudentes, finançant généralement jusqu’à 60 % du montant du bien.
Plus qu’un achat immobilier, un choix de vie
Au-delà de l’investissement, c’est surtout le mode de vie espagnol qui séduit les Français. Soleil, rythme de vie plus détendu, convivialité et coût de la vie encore inférieur à celui de la France constituent les principaux arguments avancés par les acheteurs.

« Les gens cherchent du lifestyle », résume notre expert. Les terrasses animées, la vie extérieure toute l’année et le sentiment de sécurité participent largement à cette attractivité.
Certains propriétaires constatent même une amélioration concrète de leur pouvoir d’achat une fois installés en Espagne. Restaurants, loisirs ou sorties restent souvent plus abordables qu’en France, renforçant l’impression d’un quotidien plus confortable. Porté par la recherche d’un meilleur cadre de vie et par une image économique plus stable, le marché immobilier espagnol continue donc d’attirer les Français. Et si la Costa Brava reste la grande favorite, d’autres régions plus accessibles gagnent progressivement du terrain auprès des acheteurs hexagonaux.




