Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez a annoncé ce midi un plan de 80 mesures pour limiter les effets économiques de la guerre en Iran, pour un investissement total de 5 milliards d’euros.
Jusqu’à 30 centimes de réduction par litre, soit environ 20 euros par plein d’essence pour une voiture moyenne. C’est l’ambition du nouveau plan anti-inflation annoncé aujourd’hui par le gouvernement espagnol. Pedro Sánchez a promis une « réduction drastique de la fiscalité énergétique » dans les « limites de ce que permet l’Union européenne » : baisse de la TVA de 21 à 10% sur le gaz, l’électricité et les carburants, baisse de taxes complémentaires sur les carburants, congélation du prix maximum du butane et du propane.
Une aide supplémentaire de 20 centimes par litres est par ailleurs destinée aux professionnels du transport, de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche.
Pour protéger les foyers les plus vulnérables, les aides énergétiques sont prolongées jusque fin 2026 au moins, avec interdiction aux opérateurs de couper l’accès à l’énergie pour défaut de paiement. Le gouvernement espagnol impose aussi une plus grande flexibilité des contrats énergétiques, pour permettre aux consommateurs et aux entreprises, de choisir les meilleures conditions sans délai et sans coût additionnel.
Le gouvernement estime que les mesures bénéficieront à 20 millions de foyers et à trois millions d’entreprises. « Évidemment, elles n’empêcheront pas les effets de cette guerre illégale d’atteindre l’Espagne, mais elles les rendront moins destructeurs et plus supportables », a indiqué Pedro Sánchez. Pour protéger l’emploi, le plan interdit par ailleurs aux entreprises aidées de licencier pour raisons économiques liées à la guerre en Iran.
Les mesures entreront en vigueur dès demain. Le gouvernement se réserve la possibilité de les prolonger ou les renforcer, « en cas de besoin ».
Mesures pour le logement
« La forte croissance économique que nous enregistrons depuis plusieurs années, la rigueur budgétaire de nos comptes et notre engagement résolu en faveur d’un modèle énergétique avec les énergies propres en première ligne de cette transformation, font qu’aujourd’hui, l’Espagne est mieux préparée que ses voisins pour faire face à ce choc énergétique provoqué par la guerre illégale en Iran » a déclaré le chef de l’exécutif, qui s’est targué de présenter aujourd’hui le bouclier social et économique le plus important de l’Union europénne.
Le gouvernement a également annoncé un deuxième décret pour la congélation des prix des loyers, mais celui-ci ne fait pas encore l’unanimité au parlement. Il prendra donc un peu plus de temps pour être approuvé, et devra avant tout rassembler une majorité politique. La gauche radicale de Sumar souhaitait aussi appliquer un moratoire sur les expulsions immobilières mais les socialistes ont refusé, expliquant que le décret serait rejeté d’office par la droite au parlement.
Enfin, pour terminer son annonce en direct du Palais de la Moncloa, Pedro Sánchez a répété son désormais célèbre « No a la guerra », qu’il estime être devenu « la clameur du monde entier ».