Donald Trump appelle à boycotter l’Espagne

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Le président américain Donald Trump a assuré avoir ordonné à son secrétaire au Trésor de couper tout commerce avec l’Espagne, après l’avoir qualifiée de « terrible partenaire » au sein de l’OTAN. 

« L’Espagne est une cause perdue. D’ailleurs, nous ne voulons plus faire aucun commerce avec l’Espagne. Je veux qu’ils coupent tout. L’Espagne est un allié terrible au sein de l’OTAN. Ils ne participent pas. Ils ne paient pas. Je ne veux plus rien savoir de l’Espagne. Coupez tout commerce avec l’Espagne, s’il vous plaît, y compris les visites », a déclaré Trump.

Le magnat a également exprimé sa colère envers d’autres membres de l’OTAN, qu’il a accusés d’avoir « peu d’engagement », avant de s’en prendre de nouveau à l’Espagne, qu’il a qualifiée d’« hostile ».

Madrid répond à Trump

Le gouvenement espagnol a répondu en assurant que le pays entretenait une « magnifique relation sociale, culturelle et économique avec les États-Unis », précisant ne pas avoir l’intention que cela change. « La relation bilatérale entre les États-Unis et l’Espagne est bénéfique pour les deux pays, tant sur le plan commercial que dans le domaine de la défense », souligne l’exécutif.

De même, pour se rassurer, le gouvenement a rappellé trois points essentiels : les États-Unis ont un excédent commercial avec l’Espagne ; l’UE est une union commerciale dans laquelle il n’est pas possible de singulariser un État membre ; et les liens économiques sont tissés par les entreprises privées, non par les gouvernements.

Ce n’est pas la première menace que le dirigeant américain lance à uppercut contre l’Espagne. En mars dernier, après que Pedro Sánchez a interdit aux États-Unis l’utilisation des bases de Rota et de Morón, Trump avait promis : « Nous allons couper tout le commerce. L’Espagne est un désastre, elle est terrible. Ils pensent qu’ils vont s’en sortir sans rien payer. L’Espagne n’est pas un bon partenaire », avait déclaré le président américain.

De même, toujours au mois de mars, Trump avait décrit l’Espagne comme un « pays de losers » en raison de la position adoptée par le gouvernement de Pedro Sánchez après l’attaque conjointe des Américains et d’Israël contre la dictature iranienne.

Les produits espagnols les plus exposés à une rupture commerciale

Si les mences de Trump fonctionnent, l’Espagne subirait une perte de 30 milliards d’euros, un chiffre correspondant à la valeur annuelle des importations espagnoles en provenance des États-Unis. Autrement dit, chaque année, l’Espagne achète des produits américains comme du pétrole et du gaz, des machines industrielles, des produits pharmaceutiques, des technologies, des aéronefs ou des équipements électroniques pour un montant proche de cette somme.

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Le deuxième grand poste d’importations concerne les produits chimiques et pharmaceutiques, qui représentent entre 26 % et 29 % du total. Cette catégorie comprend les médicaments, les vaccins et d’autres produits à forte valeur ajoutée, pour une valeur approximative de 7,8 à 8,7 milliards d’euros.

Viennent ensuite les machines industrielles et les équipements de transport, parmi lesquels figurent notamment les aéronefs, les moteurs et les machines destinées à un usage industriel. Ce groupe représente environ 19 % des importations en provenance des États-Unis, soit quelque 5,7 milliards d’euros.

De leur côté, les technologies et équipements électroniques comme les ordinateurs, les composants électroniques et les équipements électriques  représentent environ 11 % du total, avec des achats proches de 3,3 milliards d’euros.

Le reste des importations, soit environ 10 % à 12 %, correspond à d’autres produits tels que les matières premières, les plastiques, les denrées alimentaires et diverses marchandises manufacturées. Dans l’ensemble, ces chiffres montrent que la dépendance commerciale de l’Espagne vis-à-vis des États-Unis se concentre principalement sur l’énergie, suivie par les produits pharmaceutiques et chimiques, les machines industrielles et la technologie.

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Image de Nico Salvado

Nico Salvado

Cofondateur et directeur d’Equinox, Nico Salvado est journaliste spécialisé en politique et économie. Passé par Radio France et NRJ, il est aujourd’hui correspondant pour Europe 1 en Espagne, où il décrypte l’actualité nationale et les enjeux économiques du pays.
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Nico Salvado

Cofondateur et directeur d’Equinox, Nico Salvado est journaliste spécialisé en politique et économie. Passé par Radio France et NRJ, il est aujourd’hui correspondant pour Europe 1 en Espagne, où il décrypte l’actualité nationale et les enjeux économiques du pays.
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