Barcelone : louer son appart à des touristes peut vous coûter (très) cher

loyers de Barcelone

En moins de dix ans, Barcelone a récupéré plus de 6 600 logements touristiques illégaux. Derrière cette offensive, la mairie cible autant les réseaux professionnels que les particuliers qui sous-louent discrètement leur appartement. Une pratique de plus en plus risquée dans une ville en pleine crise du logement.

Barcelone accélère sa guerre contre les locations touristiques illégales. La municipalité, dirigée par Jaume Collboni, veut supprimer progressivement toutes les licences touristiques d’ici 2028 afin de remettre environ 10 000 logements sur le marché classique. Une politique radicale qui s’inscrit dans un contexte de forte crise du logement, alors que les loyers continuent d’augmenter dans la capitale catalane.

Des amendes qui peuvent atteindre 600 000 euros

À Barcelone, louer un appartement à des touristes nécessite une licence HUT (“Habitatge d’Ús Turístic”). Or, depuis plusieurs années, la ville n’accorde quasiment plus de nouvelles autorisations dans les quartiers centraux.

De nombreux propriétaires contournent donc le système en publiant des annonces illégales sur Airbnb, Booking ou même via des groupes Facebook. Certains changent régulièrement le nom des annonces ou utilisent plusieurs comptes pour échapper aux contrôles.

Homme âgé déposant une lettre dans une boîte aux lettres en fer forgé, située sur une façade en pierre d'un bâtiment historique à Paris.

Les risques sont pourtant élevés. Les sanctions peuvent aller jusqu’à 30 000 euros pour une infraction légère, 60 000 euros pour une infraction grave et atteindre 600 000 euros dans les cas les plus sérieux. En 2024, un propriétaire possédant 14 appartements touristiques illégaux dans le quartier de Ciutat Vella a reçu près de 500 000 euros d’amende.

Au-delà des sanctions administratives, les propriétaires s’exposent aussi à des redressements fiscaux et à des poursuites judiciaires. La mairie explique que le secteur s’est fortement professionnalisé ces dernières années, avec des réseaux capables de gérer plusieurs dizaines d’appartements via des sociétés écrans.

Les étudiants aussi concernés

Mais les propriétaires ne sont pas les seuls dans le viseur. À Barcelone, de plus en plus d’étudiants ou de jeunes actifs sous-louent leur chambre ou leur appartement pendant quelques jours ou mois afin de payer leur loyer ou rentabiliser un logement vide durant l’été.

Cependant, en Espagne, la sous-location nécessite généralement l’accord écrit du propriétaire. Beaucoup de locataires passent pourtant outre, parfois en louant l’appartement entier sur Airbnb à un prix supérieur à leur propre loyer.

Une pratique loin d’être anodine. En cas de contrôle, le propriétaire peut résilier le bail, réclamer des dommages et intérêts ou engager une procédure d’expulsion. Si la sous-location est considérée comme une activité touristique illégale, le locataire peut également recevoir une amende.

Une traque qui ne date pas d’hier

Depuis 2017, la mairie affirme avoir récupéré 6 644 appartements auparavant utilisés illégalement comme logements touristiques. À l’époque, la ville estimait à environ 6 000 le nombre d’appartements clandestins. Aujourd’hui, il en resterait autour de 600.

Pour parvenir à ce résultat, Barcelone déploie des moyens importants : près de 2,5 millions d’euros sont investis chaque année dans la lutte contre ces pratiques. Inspecteurs spécialisés, surveillance des plateformes comme Airbnb ou Booking, vérification automatique des licences, dénonciations de voisins et croisements avec les données fiscales… La ville est devenue l’une des plus offensives d’Europe sur ce sujet.

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Arthur Chanteclair

Journaliste en formation à la rédaction d'Equinox et à l'école W (Paris).
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