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Le plan de l’extrême droite pour percer à Barcelone

Barcelone est un choix stratégique pour Vox, le Front national espagnol.

Depuis 1978, aucun parti clairement d’extrême droite n’a pu s’installer dans le paysage politique espagnol, à la grande différence de ses voisins européens. Un Front national espagnol n’a jamais pu éclore en raison du traumatisme de 40 ans de dictature d’extrême droite entre 1936 et 1975.

L’absence de Front national local s’explique aussi par le fait que le grand mouvement politique conservateur, le Partido Popular, n’a pas la pudeur et les tabous des autres partis de droite européens. Il possède une aile clairement enracinée à la droite extrême. Le Partido Popular a la singularité d’avoir été fondé par un ancien ministre franquiste, laissant ainsi peu de place pour un parti d’extrême droite concurrent. Par ailleurs, le grand classique du discours anti-immigration trouve peu d’écho dans la société espagnole qui a plutôt bien intégré ses nouveaux citoyens venus des pays d’Amérique latine.

Le tournant catalan

L’interminable crise de la Catalogne a tout changé. Le bras de fer entre le gouvernement du Partido Popular et l’exécutif de Carles Puigdemont a sérieusement endommagé la carrure de la droite espagnole pour la partie la plus radicale de l’électorat en faveur de l’unité de l’Espagne. Trop lent, trop inactif, Mariano Rajoy a laissé trop de marge de manoeuvre à la Generalitat selon un secteur de la droite.

Ainsi les sirènes de Vox, un parti d’extrême droite complètement marginal depuis des années, deviennent plus attractives. Vox s’est offert une campagne publicitaire médiatique en devenant partie civile dans le procès judiciaire indépendantiste. Toujours plus radical que le procureur espagnol, Vox demande des centaines d’années de prison pour les auteurs de la déclaration d’indépendance, incarcérés préventivement depuis plus d’un an.

Avec cette exposition médiatique sans précédent, Vox a pu présenter son programme pour la Catalogne: mettre en prison l’actuel gouvernement de Quim Torra et ensuite supprimer les institutions catalanes: police, santé, éducation, médias de service public pour redonner les compétences au gouvernement central espagnol.

Pouvoir de nuisance

Particulièrement allergique à l’indépendance catalane, Vox a démontré sa puissance il y a trois semaines lors des élections régionales andalouses en faisant irruption dans la chambre parlementaire avec douze élus.

Les sondages augurent une forte percée de Vox dans tout le pays et le parti d’extrême droite porte ses regards vers la Catalogne. C’est ici que Vox a fait sa plus grosse progression en terme de militants: 1.200 soit 47% de plus lors du dernier trimestre.

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Vox laboure le terrain catalan surtout via les réseaux sociaux: groupes WhatsApp, Facebook, YouTube et Instagram. Première grande réussite du parti d’extrême droite: avoir réussi à monter une réunion publique avec 2.000 personnes dans une salle de l’hôtel Barceló de Sants. Un lieu mythique de la droite du Partido Popular. Le symbole est là: Vox veut prendre la place du PP. 

Lors du prochain grand rendez-vous électoral, les municipales de Barcelone, Vox devrait présenter l’une de ses principales figures médiatiques: Javier Ortega Smith. Cet ancien militaire, actuellement avocat, gère en première ligne la partie civile de Vox au sein du procès indépendantiste. Une candidature probablement fatale pour le PP qui pourrait se retrouver sans représentation au conseil municipal de Barcelone. Ici aussi, une première dans l’histoire.