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Manuel Valls n’arrive pas à s’intégrer en Espagne

Les chiffres sont mauvais pour Manuel Valls : le politique français est la personnalité la moins appréciée des Catalans.

Depuis l’annonce officielle de sa candidature en septembre dernier, Manuel Valls n’a pas ménagé ses efforts pour mettre toutes les chances de son côté: sorties fréquentes dans les quartiers de Barcelone, innombrables interviews dans les médias à travers le pays, données en espagnol comme en catalan, conférences de presse hebdomadaires, parfois quotidiennes, un livre-programme et des dizaines de séances de dédicaces.

Pourtant, volontairement ou pas, il a aussi cumulé les faux pas, rendant toujours plus difficile son intégration dans le paysage local. Coup de colère devant les entrepreneurs catalans en mai dernier; refus de répondre à un journaliste du Huffington Post durant toute une interview en octobre; éclats de voix à l’hôtel Palace devant la communauté culturelle locale en janvier et enfin plantage sans préavis de la soirée d’anniversaire d’Equinox jeudi dernier à la Casa Fuster face à un parterre d’entrepreneurs français médusés qui attendaient la venue pourtant confirmée de l’ancien Premier ministre.

Hier encore, sur la chaîne de télévision espagnole la Sexta, il critiquait le parti qui lui a donné tout son soutien dans cette élection, Ciutadans, comme pour encore plus s’isoler.

Impopulaire

Et ça marche : selon la dernière enquête du Centre d’Études Sociologiques de la Catalogne, Manuel Valls obtient une note de popularité situé à 1,96 sur 10. Bien loin d’Oriol Junqueras (6,4) et Marta Rovira (5,4). Les deux leaders de la gauche républicaine sont les plus appréciés par les Catalans.

La performance inversée de Manuel Valls s’explique en partie par l’inexistence d’une “fan base” locale pour l’ancien Premier ministre. Tandis que Carles Puigdemont reçoit logiquement une note de 8,6 au sein des votants de son parti, tout comme Oriol Junqueras (8,7) ou le président du PP (8), Manuel Valls lui n’obtient même pas la moyenne au sein des électeurs de Ciutadans. Ces derniers lui préfèrent largement Inès Arrimadas qui reçoit une note de 7,5, face aux 4,9 de Manuel Valls.

Les sondages, tous en baisse pour Manuel Valls, le placent désormais avant-dernier de l’élection. S’il apparaît quasiment certain que Manuel Valls ne sera pas le prochain maire de Barcelone, l’objectif de l’ancien Premier ministre est désormais de ne pas réaliser un score inférieur à la candidate de Ciutadans en 2015. Carina Mejias, avocate inconnue du grand public, avait obtenu 11,05% des voix.