Search for content, post, videos
safia vendome

Rencontre avec Safia Vendome, l’influenceuse française la plus suivie de Barcelone

À 28 ans, Safia Vendome est l’une des influenceuses les plus suivies de Barcelone. Elle partage son quotidien avec plus de 667.000 abonnés sur Instagram. La Française nous parle des réseaux sociaux et de ses dangers, de sa vie de maman et de son amour pour la capitale catalane.

Photos: safiavendome

Tu réunis des centaines de milliers d’abonnés sur différents réseaux comme Instagram, Youtube, sur ton blog, tu as sorti le livre Voy et créé ta marque de lingerie, comment te définis-tu ?

C’est compliqué pour moi, j’ai commencé en 2012 en étant youtubeuse, puis créatrice de contenus 360°. Aujourd’hui, je travaille énormément sur ma marque Inaya Lingerie avec mon associé Guilhem. J’ai du mal à définir mon métier, c’est toujours un peu long à expliquer, j’ai besoin de dire que je possède deux sociétés.

Tu es maman d’un petit garçon depuis peu, comment fais-tu pour gérer le partage de ta vie privée ?

Avant que notre fils naisse, on ne savait pas si on allait le montrer ou non. En discutant avec Guilhem on s’est demandé, est-ce que le plus important c’est d’exposer notre vie ou de la vivre? On souhaite protéger notre enfant de tout ça, on connaît les vices des réseaux sociaux et nous n’avons pas envie de lui imposer. Il décidera quand il sera en âge de décider.

Tu t’es lancée récemment dans le podcast, pour parler de sujets qui te tiennent à coeur, dont un “le bonheur n’est pas sur Instagram”. Une phrase surprenante comme c’est ton outil de travail, tu expliques que ça peut provoquer une dépression chez des adolescentes qui prennent ce qu’elles voient comme modèle ?

C’est une psychopraticienne qui m’a dit ça et ça m’a fait peur. Même sans être cité dans les exemples, j’ai réalisé que je nourrissais ce monde de complexes, où les jeunes filles se sentent mal dans leur peau. Ça m’a fait mal, je me suis vraiment sentie responsable, à l’ère où elles grandissent et se construisent avec les réseaux sociaux. Ça m’a conforté dans la nouvelle direction que je souhaitais prendre. Je ne veux pas que quelqu’un se sente dévalorisé à cause de ce que je partage. Ça serait terrible pour moi que ça arrive. J’ai pu prendre du recul car on est tous dans une frénésie du réseau social, une consommation accrue d’Instagram, de Facebook, Youtube, et pas à bon escient.

barcelonetaL’une de tes passions c’est voyager, tu as réuni tes aventures dans un carnet de routes, un livre appelé Voy , comment as-tu sélectionné ce dont tu allais parler ?

Je me suis concentrée sur mes voyages personnels, que j’ai fait seule ou avec Guilhem, et non sur les professionnels. J’avais envie de partager mes expériences que les gens peuvent reproduire. L’idée du livre c’était de montrer comment les voyages nous font grandir. A la base, je ne l’avais pas écrit pour le publier, c’était pour moi car j’avais peur d’oublier des anecdotes et émotions. Au fur et à mesure, le carnet prenait forme, une éditrice m’a dit que ça serait sympa de le concrétiser.

Tu recommandes de voyager seule ? On commence à en parler, mais ce n’est pas encore commun de voyager seul.

Ce n’est pas commun de faire quoique ce soit seul, que ce soit aller au cinéma ou au restaurant. Faire des choses seul fait peur à beaucoup de gens, pourtant je trouve ça tellement enrichissant et puissant, on est hyper connectés aux autres. En étant des êtres humains, on a besoin de ce lien avec autrui et encore plus quand on est sans nos proches. Cela peut être se regarder, échanger ou créer de nouvelles amitiés. Seul on fait les choses pour soi, sans penser à ce que l’autre a envie de faire. On a besoin de ce côté égoïste pour se retrouver, ça nous fait du bien pour ensuite être plus apte à se connecter aux autres, à communiquer d’une bonne façon.

Tu t’es installée à Barcelone il y a trois ans, pourquoi ?

On avait envie de vivre à l’étranger et de parler espagnol au quotidien. On aimait déjà beaucoup Barcelone en tant que touriste et c’est rare les villes que j’aime au point de me dire “je pourrai y vivre”. On a pas trop réfléchi, Guilhem avait déjà vécu ici pour un stage et il m’a dit c’était génial. Six mois plus tard on était là. L’an dernier pendant ma grossesse on est rentrés en France, on a vécu sept mois à Paris et on s’est rendus compte que ce n’était pas pour nous, nous sommes faits pour vivre à Barcelone.

Beaucoup d’expatriés le font, ils rentrent en France, se rendent compte que Barcelone leur manque donc reviennent s’installer.

Nous aussi c’était exactement ça. On a choisi Paris mais on est pas du tout de là-bas et on n’y avait jamais vécu avant. On pensait qu’avec notre marque de maillots de bain et lingerie, c’était la ville qu’il nous fallait pour la lancer comme il se doit. Mais ça nous a surtout épuisé, on s’est rendu compte que c’est à Barcelone que notre énergie est la bonne, on est revenus avec notre bébé.

Quels sont tes endroits préférés à Barcelone ?

Je n’habite pas dans ce quartier mais j’y vais presque tous les jours: Gràcia. Rien ne manque, que ce soit pour acheter mes produits bio, en vrac, les studios de yoga ou juste se promener, Gràcia a une énergie singulière. J’aime beaucoup aussi les Bunkers del Carmel, qui surplombent la ville et ses petites maisons colorées autour. Les couchers de soleil là-bas sont magnifiques. L’endroit se mérite car il faut marcher pour y accéder.

Je crois qu’il n’y a pas un endroit je n’aime pas dans cette ville. Même la Barceloneta, on a beau dire ce qu’on veut, c’est blindé, ce n’est pas toujours très propre mais c’est hyper culturel, ça a un petit côté Los Angeles, en plus accessible et authentique. J’adore voir les gens qui font du skate, du vélo, du volley, il y a des gens qui se baignent nus, d’autres en maillot. Il y a une mixité qui est magnifique, tous les quartiers de Barcelone me plaisent.

influenceuse barceloneTu as repris tes études en parallèle, c’est pour préparer un après Internet ?

Le modèle qu’on a suivi ces dernières années est arrivé à son terme. Même Guilhem qui travaille avec moi sur Safia Vendome depuis longtemps a envie de changer. Mes études sont liées, mais je ne sais pas encore ce que je vais faire de ce que j’apprends. Je ne pense pas me défaire des réseaux sociaux car ce sont des médias de communication très intéressants, c’est une mine d’informations et quand on s’en sert pour faire quelque chose de positif pour les gens. Le contenu évoluera car j’ai envie de m’exprimer comme Safia Ayad et moins comme Safia Vendome.