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L’extrême droite aux portes du pouvoir à Madrid

vox extreme droite

Pendant qu’Ernest Maragall navigue entre la gauche radicale et la droite indépendantiste pour renforcer sa majorité à Barcelone, à l’autre bout du pays à Madrid c’est l’extrême droite qui rôde autour des institutions et devrait entrer dans les gouvernements locaux.

Madrid capitale. La maire de gauche radicale Manuela Carmena finit comme son homologue barcelonaise Ada Colau: les votants ne lui accordent pas un second mandat. C’est le trio Partido Popular (conservateurs), Ciutadans (libéraux) et Vox (extrême droite) qui formeront très probablement une majorité le 15 juin prochain.

Même formule à la communauté de Madrid, équivalente au conseil régional d’Ile de France, les trois droites devraient prendre le contrôle. Dans les deux cas, Vox ne veut pas apporter un soutien passif mais souhaite entrer dans les exécutifs municipaux et régionaux. “Nous n’aiderons pas des partis qui nous insultent et ont honte de nous” expliquait cette semaine Santiago Abascal, le chef de Vox. Une référence au double jeu de Ciutadans qui a accepté un accord de gouvernement avec la droite et l’extrême droite en Andalousie, sans jamais l’assumer dans les médias.

Vox tentera de mettre en place ses politiques visant à restreindre le droit à l’avortement et la loi contre la violence machiste, ainsi que la promotion des valeurs telles que la corrida. Plus consensuelle, une grande baisse d’impôt aura lieu à Madrid et dans sa région. Les trois partis veulent renforcer l’attractivité fiscale de la capitale, qui est déjà l’un des endroits d’Espagne où les impôts sont les plus bas.

Emmanuel Macron fait pression

Le parti socialiste et le Premier ministre Pedro Sánchez tentent de faire un appel du pied à Albert Rivera le président de Ciutadans pour former une grande majorité centriste. Une proposition qui devrait essuyer un refus de la part de Rivera, son ambition est plutôt de remplacer à terme la vieille droite du Partido Popular en déclin.

Même Emmanuel Macron y met du sien. Lundi soir à l’occasion d’une visite officielle de Pedro Sánchez à l’Élysée, le président français a rappelé qu’en l’Europe il ne peut y avoir d’alliance avec l’extrême droite. Avec une Marine Le Pen en embuscade, le fait que Ciutadans, parti jumeau d’En Marche, pactise avec l’extrême droite n’arrange pas les affaires macronienes.

Si Ciutadans ne laissera pas entrer les socialistes à Madrid et sa région, en province le parti d’Albert Rivera pourrait se montrer plus souple. Dans les deux régions d’Aragon et Castille-et-León, Ciutadans devra choisir entre pactiser avec les socialistes ou avec le Partido Popular (PP) et Vox. Même schéma dans la ville de Saragosse, qui était jusqu’ici dirigée par une maire de Podemos. A Murcie, le PP et Ciutadans pourront gouverner ensemble et n’auront pas besoin de Vox. A l’inverse dans les Baléares, les socialistes gouverneront avec Podemos.