Bronik, graffeuse à Barcelone: “il faut voir au-delà du féminisme et de la féminité”

par Equinox'Elles

Les œuvres de Bronik inondent les rues de Barcelone. Ses personnages, le plus souvent des femmes bleues, recouvrent portes, rideaux de fers et murs en désuétude, apportant à la ville un vent de fraîcheur et de poésie. Rencontre. 

Bronik, ou Verónica de son vrai prénom, a commencé à peindre sur les murs de Barcelone il y a six ans. Cette Péruvienne originaire de Lima et expatriée à Barcelone depuis sept ans a commencé avec des œuvres plus sombres avant de trouver un style presque exclusivement féminin, aux couleurs pastels et aux motifs poétiques. “Au début, je dessinais des têtes de morts, des personnages recouverts de sang, car je pense que l’art doit provoquer une réaction chez les autres, l’art ne peut pas toujours être tout rose, raconte-t-elle à Equinox’Elles, mais étant donné que je peins sur l’espace public, je ne veux pas heurter certaines sensibilités, alors je me suis tournée vers un style plus doux qui peut plaire au plus grand nombre”.

graffiti barcelone

Et c’est réussi. La jeune artiste s’est faite connaître des Barcelonais qui font parfois appel à elle pour donner un peu de couleurs à leur immeuble. “En général, c’est moi qui repère les endroits un peu délaissés, ou sales, puis je prépare un projet et je le présente aux voisins qui acceptent la grande majorité des fois car ça embellit leur édifice, explique-t-elle, et parfois certains d’entre eux me contactent ensuite directement pour d’autres endroits”.

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Contrairement à d’autres artistes de street art, Bronik demande toujours l’autorisation des propriétaires avant de se lancer dans la réalisation de ses œuvres.

artiste femme

Et peu à peu, elle a fait de ses “femmes bleues” une véritable marque de fabrique. Bleues car “la couleur de la peau n’est pas importante”. Femmes car “le rôle des femmes est très puissant et doit être montré”, même si Bronik se défend de tout militantisme en faveur de la cause féminine. “Je ne suis pas féministe, assure-t-elle, mes personnages sont féminins mais ils font bien d’autres choses que d’être des femmes, il faut voir au-delà du féminisme et de la féminité, tout en promeuvant le rôle de la femme“.

art de rue espagne

Alors que l’art du graffiti est de plus en plus valorisé à Barcelone, la jeune artiste est devenue l’une des graffeuses les plus connues de la capitale catalane, aux côtés de TVBoy, Axe Colours ou encore Alice Pasquini.

Aurélie Chamerois

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