Procès de Quim Torra : que risque le président catalan?

par Nico Salvado
indépendantiste politique catalan

Pour avoir refusé pendant la campagne électorale de retirer une pancarte en faveur des prisonniers catalans sur la façade de la Generalitat, le président Quim Torra passe en jugement aujourd’hui et pourrait finir destitué. 

“Liberté pour les prisonniers et exilés politiques”. Le texte, accompagné d’un ruban jaune, est affiché sur le bâtiment du Palau de la Generalitat, le siège du gouvernement catalan, plaça Sant Jaume à Barcelone. La banderole a été dénoncée au printemps dernier par Ciudadanos à la commission électorale. Le parti anti-indépendantiste assure que le message est un slogan politique en faveur de l’indépendantisme catalan et qu’il n’a rien à faire sur un bâtiment institutionnel, de surcroît pendant une campagne électorale. En avril dernier, la Catalogne s’apprêtait à voter pour les élections municipales, législatives et européennes. La commission électorale est allée dans le même sens que Ciudadanos et a demandé au président catalan de retirer la banderole. Indépendantiste activiste radical, Quim Torra a attendu une semaine pour détacher la banderole, quelques minutes avant que la police ne doive intervenir.

Quim Torra se trouve donc poursuivi pour le délit de désobéissance et peut finir avec une destitution de sa charge de président de la Catalogne, une amende de 30.000 euros et 18 mois d’inéligibilité.

Quim Torra a été accompagné aux portes du tribunal par de nombreuses personnalités indépendantistes

Le procès de Quim Torra a commencé ce matin au Tribunal Supérieur de Catalogne, tout près de l’Arc De Triomf. Le président est arrivé à 8h30 accompagné des députés indépendantistes de son parti Junts Per Catalunya, du vice-président catalan Pere Aragonès et de l’ancien président Artur Mas.

Vers des élections anticipées en Catalogne

Le verdict sera connu au mois de janvier prochain et la destitution de Quim Torra pourrait déboucher sur une nouvelle élection catalane. Avant les élections, deux scénarios sont sur la table : le parlement n’investit pas un nouveau président, le vice-président Pere Aragonès assure l’intérim et deux mois plus tard des élections sont convoquées automatiquement. Ou au contraire, la chambre parlementaire investit un nouveau président, qui de toute façon au regard de l’actualité politique devrait convoquer avant l’été des élections.

La justice espagnole a déjà condamné à 18 mois d’inéligibilité l’ancien président Artur Mas pour avoir organisé la consultation populaire indépendantiste du 9 novembre 2014. Les charges de rébellion et sédition courent toujours contre Carles Puigdemont en Belgique. La condamnation de Quim Torra aura lieu dans un contexte marqué par les protestations de la rue catalane depuis le 14 octobre dernier, où les ex-leaders indépendantistes ont été condamnés de 9 à 13 ans de prison pour la déclaration d’indépendance d’octobre 2017.

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