Amnesty International demande officiellement la libération des prisonniers catalans

par Leslie Singla
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Suite au verdict condamnant les dirigeants associatifs indépendantistes Jordi Sànchez et Jordi Cuixart à neuf ans de prison, Amnesty International déclare qu’ils doivent être libérés immédiatement.

En ce mardi, Amnesty International, la célèbre organisation non gouvernementale internationale qui défend les droits de l’homme, s’est prononcée sur la condamnation des leaders indépendantistes Jordi Sànchez et Jordi Cuixart. Elle affirme qu’il s’agit d’une “menace pour les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique”. Incarcérés depuis deux ans, l’ex-président de l’association Assemblea Nacional Catalana (ANC) et le président de l’association Omnium ont été condamnés le 14 octobre dernier à neuf ans d’incarcération pour délit de sédition.

Le tribunal leur reproche d’avoir organisé une manifestation devant le siège du ministère d’Oriol Junqueras le 20 septembre 2017, alors que la police espagnole réalisait une perquisition pour démanteler le référendum. Le verdict estime que les associations ont ameuté les foules le jour du référendum, entraînant de violentes charges policières. Pour Daniel Joloy, conseiller principal Droit et politique à Amnesty International, “il est clair que la Cour suprême a interprété la sédition de manière trop générale, ce qui se traduit par la criminalisation d’actes légitimes de contestation.” Ainsi, “Jordi Sànchez et Jordi Cuixart doivent être libérés immédiatement et leurs condamnations pour sédition annulées”.

Pourquoi Amnesty International ne demande pas la libération des autres prisonniers catalans

Amnesty International a séparé les prisonniers catalans en deux catégories distinctes. Les leaders associatifs d’un côté et les anciens ministres de l’autre.

La manifestation du 20 septembre 2017 devant le ministère de l’Économie qui a conduit les “Jordis” derrière les barreaux est protégée par le droit à la liberté d’expression et de réunion pacifique, explique Amnesty international. Pour cette raison l’ONG considère que la charge retenue de sédition est “un délit disproportionné qui suppose une violation des droits de l’homme”.

Concernant le gouvernement Puigdemont, Amnesty International considère qu’il est possible que des délits furent commis, le président et les ministres ayant agi à l’encontre d’une sentence du Tribunal constitutionnel qui interdisait la célébration du référendum. Dans ce cas, l’ONG refuse l’appellation de prisonniers politiques.

Les “Jordis” vont-ils être libérés suite à ce rapport?

La note d’Amnesty international n’aura probablement aucun impact concret. A des centaines de reprises, l’ONG dénonce les violations de droits de l’homme à travers le monde. Du manque de liberté religieuse en Russie, à l’état d’urgence en France, en passant par la situation d’accueil des réfugiés en Europe. Amnesty international pointe du doigt des manquements grave de la part des tribunaux ou des gouvernements. Des rapports qui frappent les opinions publiques mais qui, la plupart du temps, restent lettre morte chez les dirigeants et décideurs.

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