3 questions à Miguel, livreur Glovo à Barcelone pendant le confinement

par Aurélie Chamerois

Un mois après le début du confinement, Equinox est parti à la rencontre d’un de ces livreurs à domicile qui parcourent la ville déserte à vélo ou à scooter. Miguel travaille pour l’application Glovo. 

Comment vos relations avec les clients ont-elle évolué depuis le début de la quarantaine?

On ne les voit plus! On met leur commande dans l’ascenseur ou on leur laisse à la porte. Chacun essaie de faire attention, eux comme nous. La plupart des clients sont très reconnaissants, et ils me mettent de bonnes notes sur l’application. Je pense qu’il faut continuer à commander ses repas à domicile, car ça aide les restaurants et ça nous aide aussi, en particulier nous les immigrés. Nous avons besoin de gagner notre vie honnêtement.

Je suis du Vénézuéla et je vis dans le quartier de Clot avec ma femme, notre fille de 6 ans, ma sœur et ma mère. Ma sœur et ma mère sont au chômage partiel car elles travaillaient dans l’hôtellerie, et il n’y a plus que ma femme et moi qui travaillons pour toute la famille. Alors commander, c’est aussi une façon d’aider les gens dans notre situation.

En étant ainsi en contact avec la population, craignez-vous pour votre santé?

Je fais très attention. Je ne travaille qu’avec des restaurants, des chaînes ou des supermarchés. Par exemple je ne veux pas travailler avec les faux restaurants, les personnes qui cuisinent dans leur appartement uniquement pour livrer via les applications comme Glovo et qui ne respectent pas toujours l’hygiène, il y a déjà eu des problèmes. Alors que les établissements commerciaux respectent bien les normes et recommandations.

repas à domicile glovoMoi-même je porte toujours des gants et un masque, et du désinfectant pour mon sac de livraison. Il faut faire attention à la vie des autres, et à la sienne, mais il faut aussi aller travailler.

Votre activité a-t-elle baissé par peur du virus ou au contraire a-t-elle augmenté suite au confinement? 

Nous avons beaucoup plus de demandes qu’avant car de nombreux Barcelonais ne se déplacent plus pour travailler, donc ils se font livrer leurs repas à domicile le midi. Et le soir aussi. Niveau salaire, on gagne donc plus qu’avant, mais ça dépend des tranches horaires et des commandes sur lesquelles on tombe. La plupart du temps, je gagne entre 50 et 60 euros par jour, mais ça dépend vraiment de beaucoup de choses.

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