Puigdemont en Belgique : arrestations pour financement illégal présumé

par Aurélie Chamerois
Puigdemont catalogne

La Guardia Civil a mené une vaste opération ce matin dans le cadre d’une enquête sur un présumé financement illégal du séjour de Carles Puigdemont en Belgique.

L’exil de l’ancien président catalan, qui avait quitté la Catalogne pour la Belgique au lendemain de la déclaration d’indépendance d’octobre 2017, fait l’objet d’une enquête pour malversation, blanchiment de capitaux et prévarication. Une centaine de policiers ont arrêté ce matin plusieurs entrepreneurs et dirigeants politiques accusés des délits précités. En tout, une cinquantaine de personnes seraient visées par l’enquête.

La justice tente de savoir si le séjour de Carles Puigdemont en Belgique mais également une partie du « processus » indépendantiste ont été financés en détournant des subventions de la Diputació de Barcelona (province de Barcelone) normalement destinées à des entités de coopération internationale pour un montant de 2 millions d’euros en six ans. Selon le journal La Vangardia, les enquêteurs disposent notamment d’une conversation téléphonique dans laquelle Carles Puigedemont réclamerait 100.000 euros car il se trouvait « à cours d’argent« .

Le cercle intime de Puigdemont

Parmi les personnes interpelées ce matin, l’ex-dirigeant de la droite catalaniste CiU David Madí, deux cadres de la gauche indépendantiste ERC Xavier Vendrell et Pilar Contreras Llanas,  l’ancien chef de cabinet de Carles Puigdemont Josep Lluis Alay et de nombreux entrepreneurs. Plusieurs d’entre eux faisaient partie du très proche cercle de l’ancien président, le conseillant tout au long de son mandat jusqu’à la déclaration d’indépendance, puis dans son pilotage du mouvement depuis son exil belge.

Si l’enquête ne vise pas le financement de Tsunami Democratic, l’organisation secrète à l’origine du blocage de l’aéroport et des émeutes d’octobre 2019, des sources proches du dossier indiquent que des liens sont apparus évidents entre les accusés et cette organisation.

Tout juste trois ans après « l’Octobre catalan », ce coup de filet est pour Carles Puigdemont une preuve de plus que le mouvement indépendantiste ne faiblit pas. « Ils veulent la mort politique et civile de l’indépendantisme car trois ans après la déclaration d’indépendance, nous continuons de lutter pour une cause juste et démocratique » a tweeté ce matin l’ancien président.

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