Élections Barça : un enjeu très politique

par Olivier Goldstein
élections Barça

Jusqu’au 11 janvier, huit pré-candidats aux élections du Barça se disputent les signatures des socios du club catalan pour valider leur participation à l’élection présidentielle du 24 janvier. Le tout sur fond d’enjeux politiques.

Quim Torra n’a pas attendu. En ce 25 août 2020, le président de la Generalitat tweet un message de remerciement envers Lionel Messi, quelques heures à peine après que le monde ait appris la volonté de l’astre argentin de quitter le Barça. Finalement, le numéro 10 du F.C. Barcelone est resté.

Libre de s’engager gratuitement avec n’importe quel club à partir du 1er janvier 2021, Messi a annoncé qu’il attendra la fin de la saison, en juin, pour décider de son futur. D’ici là, il aura parlé avec le nouveau président du Barça. Toutefois pas avant l’élection. L’Argentin ne souhaite pas que sa décision influence le vote. Lui-même socio il pourra, s’il le veut, voter le 24 janvier prochain, sans être utilisé par un candidat, comme il l’a laissé entendre dimanche soir sur la Sexta.

Son interview, les pré-candidats à l’élection présidentielle du F.C. Barcelone l’ont suivi depuis chez eux, couvre-feu oblige. En d’autres circonstances, les QG de campagne auraient accueillis les partisans des pré-candidats, 82 % des socios et les membres actionnaires du club appelés à voter, vivant tous à Barcelone. Principalement réparties autour du Camp Nou et en ville, certaines permanences sont immanquables, comme celles Calle Balmes et Numancia de Victor Font et Jordi Farré.

Les pré-candidats en quête de signatures

Comme pour l’élection présidentielle française, où 500 signatures de maires sont nécessaires pour concourir, les aspirants doivent récolter le soutien d’au moins 2.257 socios – les membres actionnaires du Club – pour participer à l’élection le 24 janvier. Le tout via des bulletins signés à la main couplé au document d’identité du socio, pour éviter la fraude. Les pré-candidats doivent alors recueillir eux-mêmes ces signatures pour s’affranchir des contraintes liées à la pandémie. 

 « Tu as une moto ?». Dans l’entourage de Joan Laporta, on considère que « c’est la clé » pour pouvoir apporter son soutien à la candidature de l’ancien président du Barça entre 2003 et 2010. Se déplacer chez ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas sortir de chez eux à cause de la pandémie est donc clé. Or, sur les 110.000 socios appelés à voter, 8.000 ont 80 ans ou plus.

Élections Barça : les Penyes, des électeurs de choix 

Les meetings étant impossibles, chacun multiplie les visio-conférences pour dévoiler son programme et être au contact des votants. Xavi Vilajoana, qui compte sur une base de 2.000 fidèles pour passer le filtre de la pré-candidature, a par exemple installé un studio télé derrière l’accueil de son local. 

élections BarçaTous souhaitent parler aux Penyes, ces groupes officiels de supporters qui peuvent faire basculer une élection. D’abord, parce que 190 d’entre elles en Espagne offrent la possibilité à leur membres de signer dans leur local l’un des 8 bulletins de soutien, pour leur éviter de se déplacer, et donc de courir des risques inutiles pour ceux qui veulent restreindre leur mobilité. D’autre part, parce qu’elles hébergent 15 % des socios du Club, au sein desquels l’abstention est beaucoup plus faible que pour le reste des électeurs. Les séduire, c’est donc avoir une partie importante des 45.000 votes attendus le 24 janvier.

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Des élections précipitées par la Generalitat 

Mardi 27 octobre 2020. Le président Bartomeu, l’air grave, présente sa démission. Quelques heures avant, la Generalitat a en effet décidé que le vote de censure, qui allait potentiellement regrouper les 110.000 socios en âge de voter, pouvait se tenir le dimanche suivant. Se sachant condamné en cas de vote, et pour éviter le discrédit d’être le premier président à subir cet affront en 121 ans d’Histoire du Club, il décide de s’en aller de lui-même, suivi de son Comité Directeur.

Le surlendemain, le gouvernement autonome catalan présente des restrictions de mobilité pour tous ses concitoyens, les interdisants de sortir de leur ville dès le vendredi jusqu’au lundi suivant pour éviter la propagation du Covid-19.

Le Barça, une arme pour les indépendantistes ?

Si la situation sportive et économique du Barça, qui est « au plus mal » selon Messi, n’est pas le fait des hommes politiques, ces derniers ont bien appuyé sur la détente pour mettre à mort un président qui ne leur avait jamais fait allégeance.

Deux des pré-candidats auraient d’ailleurs, selon Toni Freixa, un autre aspirant, rencontré Carles Puigdemont. Ce n’est pas une surprise quand on sait que plusieurs d’entre eux sont ouvertement indépendantistes. De là à mélanger les genres, si l’un d’eux prend le pouvoir? « C’est un sujet délicat », nous dit l’un des soutiens en off. « L’autre jour, Victor Font (lui-même indépendantiste et actionnaire de Ara, NDLR), a dit à La Cope qu’il ne voyait pas d’inconvénient à ce que la sélection Espagnole de football joue au Camp Nou. Ca a fait jaser ». 

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Victor Font

Quim Torra signerait cependant certainement pour que le nouveau numéro 1 de « l’armée démilitarisée de la Catalogne », comme l’appelait l’écrivain Vazquez Montalban, soit proche de ses idées avant les élections générales de février. Quand Torra a été démis de ses fonctions en septembre 2020, Messi, qui ne se mouille pas en politique, ne lui a pas envoyé de tweet.

 

 

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