Face aux risques de viols et d’agressions sexuelles, l’Espagne va permettre à 500 jeunes migrantes en situation précaire de quitter Ceuta pour s’installer dans les régions espagnoles. Madrid a décidé de désobéir à l’Union européenne, qui demande les expulsions vers le Maroc.
La crise n’est absolument pas terminée dans l’enclave espagnole de Ceuta, où la justice fait face à une vague de viols et d’agressions sexuelles sans précédent. Ce qui choque au plus haut point, c’est l’âge des victimes. Une mineure marocaine de 14 ans a été violée par deux de ses concitoyens en situation irrégulière, placés en détention provisoire après les faits, et une fillette de seulement 10 ans a également été agressée sexuellement.
Une quinzaine de plaintes pour des faits de viols ont été confirmées par les autorités, mais selon l’ONG Unicef Espagne, les chiffres sont largement en deçà de la réalité du terrain. Les auteurs comme les victimes étant en situation irrégulière, de fait, beaucoup d’agressions ne se traduisent pas par des plaintes officielles. La presse espagnole fait mention de jeunes filles qui, tout en étant en situation clandestine, restent cachées sous des véhicules de police, trouvant ainsi une forme de sécurité relative face aux multiples prédateurs sexuels.
Les tribunaux de Ceuta, eux, sont débordés. Le Conseil de la magistrature a demandé au gouvernement,sans succés pour le moment, d’envoyer en renfort des magistrats spécialisés dans les violences faites aux femmes pour juger en comparutions immédiates les auteurs de crimes et délits.
Preuve de l’urgence du moment, le ministère de l’Enfance et de la Jeunesse est sur le point de publier un décret pour que 500 jeunes filles en situation de précarité extrême puissent quitter l’enclave le plus rapidement possible afin d’être relogées dans des foyers accueillant les mineurs isolés sur la péninsule.
L’Europe craint un appel d’air
En ce sens, le gouvernement va utiliser la loi sur les étrangers qui oblige les régions espagnoles à accueillir ces jeunes potentielles victimes.
Un texte qui, cependant, provoque la colère de la droite et de l’extrême droite qui demandent à ce que des expulsions vers le Maroc soient prononcées et d’appliquer la fameuse directive retour votée par le Parlement européen. L’Europe, qui justement abonde dans le même sens que les conservateurs, intime à l’Espagne de ne surtout pas permettre aux clandestins de s’installer sur le territoire en dehors de l’enclave de Ceuta. La hantise de pays comme l’Italie ou la France est de voir les personnes en situation illégale traverser la frontière pour s’installer dans l’une des nations voisines de l’Espagne.

Le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez prend ses responsabilités et choisit de tourner le dos à Bruxelles en préservant la sécurité de ces jeunes mineures, sans entrer dans un bras de fer avec le Maroc en prononçant des expulsions massives.
Pour l’heure, il resterait encore entre 6 000 et 11 000 personnes en situation illégale qui dorment dans les rues ou sur les plages de Ceuta. Les plus chanceux sont dans des hangars.



