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La Rambla, le lieu maudit de Barcelone

Prostitution, ventes à la sauvette, vols, établissements de restaurations de piètre qualité, trafics de drogues, incivilités, la Rambla, pourtant charmante, accumule les handicaps en tous genres. Et au regard des cent dernières années, ce n’est pas une nouveauté. 

A chaque campagne électorale, les candidats promettent de réformer la Rambla. Le cru 2019 n’échappera pas à la règle. La maire en place Ada Colau offre la perspective d’une grande rénovation qui devrait avoir lieu fin 2019-début 2020 avec une Rambla plus aimable et plus agréable. Manuel Valls quant à lui reprend ses accents de ministre de l’Intérieur pour annoncer le grand retour de la sécurité sur la promenade.

Mais la Rambla s’est-elle dégradée au fil des dernières années comme on l’entend souvent?  Au XVe siècle,  à l’emplacement qui sépare actuellement les quartiers Gòtic et Raval, coulait une rivière à la propreté douteuse : la riera d’en Malla. Il faudra attendre les années 1800 pour que la Rambla vive son âge d’or. Le théâtre du Liceu, le marché de la Boqueria et la plaça Reial voient alors le jour. A partir de 1859, les premiers platanes venant de Gérone sont plantés, un an plus tard la fontaine de Canaletes est installée. 

C’est à partir du début du siècle dernier que les choses vont se dégrader. En 1926 l’écrivain Josep Maria de Sagarra écrivait dans un article que “les boutiques des Ramblas possèdent des façades infâmes” sans grande différence avec les actuels magasins de souvenirs.

Selon la revue Lo Missatger del Sagrat Cor de Jesús qui existait autour des années 1910, les rues adjacentes Carretas et Nou de la Rambla étaient de véritables coupe-gorges où circulaient morphinomanes, alcooliques qui rythmaient leurs journées et leurs nuits d’incessantes bagarres parfois mortelles. Nou de la Rambla est aussi depuis 1900 “the place to be” des bordels, les prostituées faisant du centre de la Rambla leur terrain d’activités.

Pour noircir un tableau déjà sombre, en 1930 le journaliste Domènec de Bellmunt écrivait : “Je crois que le pickpocket est un personnage barcelonais. C’est clair qu’il y a des voleurs à Paris et à Madrid, à Valence et à New York, mais c’est, à mon sens, une autre sorte de pick-pockets moins adroits, moins performants, moins spécialisés, que ceux de chez nous”.

Rien de bien différent donc de la Rambla version 2018.


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