L’Espagne, destination touristique coûte que coûte

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tourisme en espagne

Le tourisme en Espagne survit malgré une situation sanitaire toujours tendue avec le Covid. L’Espagne reste l’une des destinations fétiches en Europe. Face à la sixième vague, les politiques se tournent vers la réactivation de l’économie du pays. 

Il suffit de jeter un œil aux places de Barcelone ou sur les plages de Catalogne  : les touristes sont bien là. Bien sûr, le masque est de mise, mais pour le reste, on pourrait presque reconnaître la capitale catalane d’avant la pandémie. 

Ce n’est pas une sensation : malgré un taux de contamination encore très élevé dans le pays, les touristes ne semblent pas rechigner à se rendre à Barcelone, constatent des hôtels de la ville. “Même si, en général, le mois de janvier est plus calme, le taux d’occupation est tout de même bon”, constate-t-on dans un établissement 3 étoiles de l’Eixample. “Bien sûr, il y a quelques réservations annulées à cause des restrictions, mais on garde espoir de rester sur cette lancée !” 

Photo : Clémentine Laurent/Equinox

Même constat dans un hôtel du centre historique : un taux d’occupation de 50 % à 60 % ce mois-ci. “En temps normal, on est à 69 % d’occupation pour un mois de janvier, donc ce n’est pas mal, étant donné les restrictions et le Covid”. Le personnel se montre même confiant, et espère que les réservations repartent franchement à la hausse à partir de mars.

Le tourisme ne se porte donc pas trop mal dans la capitale catalane, et les chiffres de l’économie le prouvent : le PIB de la ville a augmenté de 3,5 %, durant le dernier trimestre 2021, une hausse comparable à celle du pays entier. Et le tourisme y est lié, car le secteur comprenant le commerce, l’hôtellerie-restauration, les transports, l’information et la communication voit ses bénéfices augmenter de 9,3 %, selon la mairie.

Tourisme en Espagne, destination-phare indémodable

Si l’on détourne le regard de Barcelone et que l’on se penche sur les magazines et forums de voyage, l’Espagne, de manière générale, est toujours bien l’une des destinations-fétiches. Peu importe la pandémie : on loue ses paysages, sa tranquillité, son exotisme… et le nord du pays n’est pas en reste.

Le Guide du Routard propose un “Road trip en Catalogne” dans ses 22 destinations où voyager en 2022. De son côté, Le Monde Voyages vendait en décembre dernier la beauté de la Garrotxa, en Catalogne, ou encore la province de Huesca dans son guide des 20 destinations de l’année.

Bref, l’Espagne a toujours la cote, à l’étranger. 

Une situation sanitaire toujours tendue

Les touristes étrangers ne semblent donc ni empêchés, ni même découragés de passer leurs vacances sous le soleil d’Espagne. Et pourtant, sa situation sanitaire n’est pas des meilleures. Le pays comptabilise encore 157 447 cas par jour, le vendredi 21 janvier, avec un taux d’incidence de plus de 3279 cas sur 100 000 habitants ces deux dernières semaines.

Bien sûr, c’est moins qu’en France, où l’incidence monte à 3244 sur 7 jours et 425 183 contaminations jeudi 20 janvier. Mais la différence est surtout au niveau de la vision même de la pandémie. 

Le tourisme a toujours été un moteur de l’économie pour la Péninsule ibérique : environ 12 % de l’économie du pays avant la pandémie, et plus de 11 % des travailleurs (contre 7 % en France par exemple, explique le New York Times). Il semble donc logique que le gouvernement espagnol concentre ses efforts sur la relance de son économie, et notamment via celle du tourisme, explique Martin Szulman, politologue.

D’un côté, de nombreux Espagnols sont vaccinés, et de l’autre, la période-clé qu’est mars-avril pour le tourisme approche, et pour les villes et les régions d’Espagne, c’est un secteur qui occupe une place centrale« , remarque-t-il.

Le tourisme en Espagne, une carte politique

Mais la réactivation de l’économie est aussi une importante carte à jouer pour le Premier ministre, Pedro Sánchez, car des élections municipales et régionales approchent. Et de grandes régions touristiques, comme les Baléares ou Valence, sont des bastions socialistes qu’il faut défendre. “C’est un peu son grand défi, pour sa deuxième partie de mandat”, résume Martin Szulman.

Et cette tendance se retrouve dans un certain allègement des restrictions que l’on peut constater, en Espagne. La région de la Cantabrie, par exemple, a récemment décidé de réduire l’utilisation du passe sanitaire, et la Catalogne, quant à elle, a mis un terme au couvre-feu, sous prétexte que la sixième vague “décélère” dans la région. 

Des mesures sont toujours en vigueur, bien sûr, mais il n’en reste pas moins que le pays n’exige pas forcément de test PCR négatif pour passer la frontière, et que certaines régions ne connaissent ni jauges d’occupation, ni passe vaccinal.

En d’autres termes, l’Espagne est toujours bien “tourist-friendly”, et compte bien le rester.

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