Ces Français de Barcelone qui s’engagent pour la planète

par Leslie Singla

Protéger l’environnement est devenu l’affaire de tous. Des gestes du quotidien à des campagnes de sensibilisation ou innovations écologiques, les Français de Barcelone se mobilisent. Reportage.

« Je refuse les sacs plastiques, j’essaie d’acheter des produits ayant le moins d’emballages possible, de consommer local et de saison. Le menu scolaire écologique a d’ailleurs été déterminant dans le choix de l’école de mon fils » explique Charlotte. Pour cette trentenaire de Badalona, l’élément déclencheur fut la naissance de son petit garçon il y a trois ans. « J’évite les achats inutiles et je cherche d’abord à trouver de seconde main. J’essaie d’aller progressivement vers le zéro déchet » La Française participe également à des actions de nettoyage de plage et éduque son enfant en ce sens.

Du côté de Julie, l’écologie est aussi une affaire de famille. « Nous nous déplaçons tous à vélo depuis cinq ans, en trottinette ou en transports en commun. Mon mari a troqué son scooter, nous utilisons rarement la voiture ». Se déplacer de façon responsable est l’un des cheval de bataille de la maire Ada Colau. Depuis le début de son premier mandat en 2015, le nombre de pistes cyclables a doublé, la ville en abrite plus de 200 kilomètres aujourd’hui. “Mais elles ne sont pas toutes sécurisées convenablement” précise cette habitante de Les Corts.

vélo barcelone Pour cette mère de trois enfants, adopter des gestes écologiques est une évidence. Ils vont du compost et tri des déchets à la baisse de la consommation de viande, en passant par l’achat de produits bio et surtout km0. « Nous faisons nous-mêmes les goûters pour éviter les biscuits industriels emballés dans du plastique » précise Julie. Toutefois, comme d’autres Barcelonais, elle regrette que les magasins en vrac soient essentiellement concentrés à Gràcia. Les enfants sont également engagés, en participant aux ateliers écologiques organisés par le Lycée français ou en boycottant les grandes chaînes comme Zara.

Des entreprises plus écologiques

Pour des Français, adopter de nouveaux gestes écologiques au quotidien passe par un changement au sein de leur entreprise, notamment dans le secteur de la restauration. Le restaurant français Agust Gastrobar n’utilise plus de pailles en plastique depuis quelques mois. L’alternative? Des pâtes italiennes, un produit biodégradable, explique Mikael Gouraud le responsable.

Du côté de Poble Sec, le bar à salades français Voila Fast Good a lancé #emportaambtupper depuis l’été 2018. “Pour motiver nos clients à emporter les salades avec leur propre récipient en plastique, on propose une réduction, nous avons pas mal d’adeptes aussi bien des jeunes que des personnes âgées” se félicite Guillaume le créateurs des lieux. “En revanche, la difficulté vient des fournisseurs, beaucoup ne prennent pas en compte les problématiques de réduire les déchets et le plastique”.

Pour les familles ayant des enfants en bas âge, Marie Mélinon a lancé Pana. Le concept repose sur un abonnement mensuel comprenant la location, le nettoyage et le ramassage de couches lavables. « Après les premiers essais en novembre dernier, je suis en pleine organisation de la seconde phase de tests avec des garderies dans le quartier de Gràcia. » Avant Pana, la jeune femme était chef d’équipe de production dans une grande agence de traduction. Elle explique que « suite à un burn-out, j’ai voulu aligner mes valeurs écologistes personnelles avec celles de mon emploi. »

Un mode de vie engagé

Sensibiliser les Barcelonais en étant en accord avec ses principes, c’est ce que fait désormais Thomas Pentecouteau à travers La Fresque du Climat (El Mural del Clima). Les membres organisent des ateliers et jeux participatifs pour faire de la vulgarisation sur le changement climatique. “J’ai participé à ma première fresque il y a quelques mois à Bordeaux, ça m’a beaucoup plu donc j’ai eu idée d’importer le concept ici. C’est très synthétique, ça permet d’aller en profondeur en peu de temps et de balayer beaucoup d’idées reçues sur le changement climatique.” Les séances s’adressent aussi bien au grand public qu’aux écoles et aux entreprises.

planète barceloneLa capitale catalane abrite plusieurs associations décidées à changer les choses. Antoine Demeestere manage l’antenne de Barcelone de Surfrider Foundation qui a pour objectif de rééduquer les habitants sur les pratiques quotidiennes sources de pollution marine. Elle pointe aussi du doigt les problèmes souvent passés sous silence. “Tout a commencé il y a trois ans, avec une amie landaise, nous parlions beaucoup de notre désarroi sur l’état de la planète, du retard de mentalité en Espagne sur la protection de l’environnement, des comportements hallucinants de pollueurs qu’on pouvait voir à Barcelone, de celui qui jette son mégot au sol à celui qui s’amuse à jeter des trottinettes électriques dans le port” confie le Français.

Pour le gérant de Surfrider Foundation, il est très difficile d’être positif quand on connaît l’état réel des océans et de la planète, mais « il mieux vaut se battre pour que ce soit moins pire car si les océans meurent, nous mourrons” conclut-il.


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